« Rendons hommage aux morts et disparus aux frontières, dans le désert et dans la méditerranée », tel était le thème de la journée mondiale commémorative des morts et disparus, le 06 février 2014, aux frontières, dans la mer, et dans le désert, organisée par l’Alarme-Phone-Sahara (APS) en collaboration avec le Réseau-Afrique-Europe- interact.

A la faveur de cette journée de commémoration, le dimanche 5 févriern au siège de l’APS à Djélibougou, des témoignages des migrants, des parents de victimes ainsi que l’allumage d’une bougie symbolique ont été les temps forts.
Au présidium, on y notait la présence du président du Groupe de recherche et d’action sur les migrants (GRAM), Pierre YOSSA ; la trésorière de l’APS-Mali, Mme Diory TRAORE ; et des partenaires Allemands.
Aussi, la cérémonie a enregistré la présence des familles des victimes de la migration et des responsables d’associations de lutte contre les effets néfastes de la migration dont Ousmane DIARRA, président de l’Association malienne des Expulsés(AME); etc.
Avant tout propos, les participants ont observé une minute de silence en la mémoire des migrants qui ont perdu la vie aux frontières le 06 février 2014.
Pierre YOSSA a rappelé que plusieurs migrants avaient perdu la vie, le 06 février 2014, à Tarajal, à la frontière Maroc-Espagne. Reconnue et adoptée comme la journée de commémoration des disparus, selon lui, cette date n’est qu’un ‘’incident de trop’’ dans les violations des droits humains. Il a soutenu que des balles réelles avaient été tirées sur les migrants subsahariens le 06 février 2014.
Le Président du Groupe de recherche et d’action sur les migrants a condamné ce crime que l’Europe a commis, avant de déclarer que cette tragédie est loin d’être terminée.
De même, Pierre YOSSA a déploré le fait que les responsabilités de cet assassinat ne soient pas situées, au vu et au su de l’Organisation mondiale des droits de l’Homme, suite aux enquêtes ouvertes depuis 2014.
Les morts sont-elles différentes d’une sphère à une autre ? Migrer juste pour un avenir meilleur ailleurs est-il devenu un crime ? Que se cache-t-il derrières ces grasses machines broyeuses de migrants ? A qui profite ces crimes, assassinat, viol et disparition des migrants ? Ce sont entre autres interrogations qui demeurent sur les lèvres des membres du Réseau-Afrique-Europe-interact.
Aux dires des Organisateurs de la journée commémorative, le Réseau Afrique-Europe InterAct (AEI) et Alarm-phone Sahara (APS) ainsi que plusieurs associations de la société civile se mettent en synergie pour dire Non aux frontières meurtrières sur les routes migratoires, dans le désert et dans la méditerranée. Ils ont fait savoir que cette commémoration se passait dans plusieurs pays du monde notamment : le Mali, le Niger, le Togo, l’Allemagne, l’Autriche, la Tunisie, le Maroc etc.
Dans ses explications, le président du Groupe de recherche et d’action sur les migrants, Pierre YOSSA, a signalé qu’à ce jour, 64 000 personnes disparues ont été enregistrées par le Réseau des liens familiaux de la croix rouge et du croissant rouge en Afrique. Il a indiqué que parmi ces chiffres de la croix et du croissant rouge, 11 000 sont décédés dans la seule région du sahel et du Sahara.
Enfin, Pierre YOSSA a déploré qu’au nom des accords de défense, de coopération, de lutte contre le terrorisme signés plusieurs contrat d’aide au développement, les migrants des Pays du Sud et de la sous-région ouest africaine étaient exposés, et ou certaines rubriques de ces accords sont répressives pour l’avancée des migrants subsahariens vers l’Europe en passant par le Maghreb.
Pour terminer, le président du Groupe de recherche et d’action sur les migrants, M. YOSSA, a déclaré que certains pays de la sous-région, comme le Niger, avaient même voté des lois, dont la loi n° 035 qui naturellement n’était pas en faveur des migrants.

Par SABA BALLO

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