Après avoir célébré avec faste le Maouloud 1448 (naissance et baptême) au stade Mamadou KONATÉ, le guide spirituel d’Iquimal Dine International, Cheick Oumar Seydou COULIBALY, dit Farouk, a animé, ce samedi 5 septembre 2026, une conférence de presse consacrée au bilan de l’événement.
L’objectif de cette rencontre avec les médias était de dresser le bilan des événements récents, tout en apportant des éclaircissements sur plusieurs sujets majeurs d’actualité et de société, notamment les origines du Maouloud, les débats autour de l’excision au Mali, ainsi que le braquage supposé de son domicile en 2019.
Interrogé sur les controverses actuelles entourant la pratique de l’excision, le guide spirituel a choisi de recadrer le débat autour des valeurs fondamentales de la société et de la conduite morale.
Avant d’aborder directement la question de cette pratique, le guide spirituel a tenu à rappeler les fondements moraux qui, selon lui, doivent guider la nation malienne.
« Notre pays est un grand pays. C’est un pays de dignité, un pays de bravoure et de valeurs », a-t-il affirmé d’entrée de jeu.
S’exprimant au nom de la dignité, de l’honneur et des valeurs ancestrales, le guide spirituel de l’organisation « Iquimal Dine International » rejette publiquement les remises en cause modernes entourant la pratique de l’excision.
Refusant de céder aux pressions et aux débats contemporains, le leader religieux remet au cœur du débat les notions de dignité, d’honneur et de respect des traditions ancestrales et religieuses.
Abordant spécifiquement l’excision, Cheick Oumar Seydou COULIBALY déplore la transformation de la société moderne et la dégradation de l’espace public. Il rappelle qu’autrefois, « l’excision était pratiquée dans la plus grande discrétion ».
Il oppose cette époque de retenue au monde contemporain, qu’il juge voyeuriste : « Mais nous sommes aujourd’hui dans un monde nouveau où tout est déballé sur la place publique, sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, on a perdu toutes nos valeurs sociétales : il n’y a plus de pudeur, plus de dignité. »
Sur le plan religieux, le guide d’Iquimal Dine International s’appuie sur la tradition islamique pour légitimer la pratique : « Dans la religion musulmane, l’excision est considérée comme une Sunna qui anoblit la femme, la purifie, mais ce n’est pas une obligation. Seul Allah connaît les bienfaits et la valeur spirituelle de cette pratique. Le Prophète (PSL) ne nous met jamais sur le mauvais chemin. »
Au-delà de la foi, il met en avant l’ancrage culturel pluriséculaire de cette pratique au Mali, remettant ouvertement en cause les arguments médicaux et scientifiques avancés par les ONG et les organismes internationaux contre les mutilations génitales féminines (MGF).
« Même si on met la religion de côté, il faut se rappeler que l’excision est pratiquée au Mali depuis des siècles. Si toutes les conséquences qu’on attribue à l’excision étaient avérées, je suis convaincu que le peuple malien disparaîtrait », soutient-il.
Concluant sa déclaration avec un scepticisme marqué envers les discours médicaux récents, Farouk pointe du doigt le caractère récent de ces alertes sanitaires : « C’est tout récemment qu’on nous dit que les femmes éprouvent des difficultés lors de l’accouchement. »
Cette prise de position reflète la fracture persistante au Mali entre les défenseurs des coutumes et traditions religieuses, pour qui l’excision est perçue par certains comme une Sunna, et les acteurs de la santé publique et des droits humains, qui mènent campagne pour son abolition en raison des risques graves qu’elle comporte pour la santé des femmes.
« Je n’ai jamais été séquestré chez moi »
L’autre temps fort de cette conférence de presse a été, sans nul doute, le démenti cinglant apporté par le guide religieux aux allégations faisant état, dans un passé récent, de la visite d’hommes armés à son domicile à Bacodjicoroni.
Lors de cette conférence de presse, tenue le samedi 5 septembre dans sa mosquée à Bacodjicoroni, le leader religieux est revenu sur cette ancienne information largement relayée sur les réseaux sociaux. Selon cette version, deux hommes armés, circulant à bord d’un véhicule 4×4 non immatriculé, l’auraient attaqué dans la nuit du 11 au 12 mai 2019, avant de repartir avec une dizaine de millions de francs CFA et plusieurs objets de valeur.
Sept ans après les faits rapportés à l’époque, Cheick Oumar Seydou COULIBALY affirme que cette histoire est totalement fausse.
« Aucun malfrat n’a jamais cambriolé ma maison, encore moins pris de l’argent chez Farouk », a-t-il déclaré. Il dénonce cette information qui, selon lui, continue de circuler et de ternir son image.
Le prêcheur a également rejeté l’affirmation selon laquelle des bandits auraient pu pénétrer dans son domicile et l’y attacher. Il a expliqué que son domicile dispose d’un important dispositif de sécurité et que les visiteurs sont contrôlés avant d’y entrer.
« La nuit où ils ont dit que les cambrioleurs m’avaient attaché avant de rentrer voler mon argent, j’étais à une séance de prêche à Fadiguila », a-t-il affirmé.
Le responsable d’Iquimal Dine International ajoute que certaines personnes auraient été rémunérées pour diffuser ces accusations contre lui.
Cheick Oumar Seydou COULIBALY a également évoqué une vérification effectuée à l’époque par les autorités. Sous la présidence d’Ibrahim Boubacar KEÏTA, alors chef de l’État, le ministre de la Sécurité aurait dépêché des policiers à son domicile afin de vérifier les faits.
« Je les ai rassurés que c’était faux. Eux-mêmes ont pu le constater », a-t-il assuré.
Le prêcheur dit vouloir aujourd’hui rétablir les faits, alors que cette ancienne information continue, selon lui, d’être reprise sur les réseaux sociaux et lors de ses déplacements.
Par Abdoulaye OUATTARA