Le président de la Transition, le général Assimi GOÏTA, a promulgué la nouvelle Charte de la Transition. Cette promulgation fait suite à son adoption par le Conseil national de Transition (CNT) par 131 voix. Dans la nouvelle charte qui apporte des modifications majeures à la précédente, elle confère au président Assimi GOÏTA, un mandat d’une durée indéterminée. Puisque son mandat de 5 ans est renouvelable «autant de fois que nécessaire, jusqu’à la pacification du pays».

L’adoption de cette Charte et sa promulgation par le chef de l’État interviennent dans un contexte politique tendu après dissolution des partis politiques qui réclamaient une feuille de route pour le retour à l’ordre constitutionnel.
Si les autorités de la transition avaient initialement fixé un calendrier pour l’organisation d’élections et un retour à la gouvernance civile, la nouvelle disposition introduit une période de transition sans limite de temps clairement définie.
Ainsi, selon les dispositions de l’article 4 (nouveau) de la Charte révisée, le Président de la Transition, en tant que Chef de l’État, est désormais investi d’une durée de mandat prolongée qui prendra effet à compter de la promulgation de la présente Charte.
Le mandat de 5 ans renouvelables est renforcé par le CNT qui ajoute que la durée demeura «autant de fois que nécessaire, jusqu’à la pacification du pays».
Toutefois, il peut être écourté dès que les conditions permettant l’organisation d’élection présidentielle transparente et apaisée sont réunies.
Outre la durée, plusieurs modifications majeures ont été apportées à la charte de la transition qui autorisent désormais les membres des organes de la transition d’être candidats lors des prochaines élections qui seront organisées après la pacification du pays, en proie à l’insécurité.
Pour les partisans de la transition, cette charte est présentée comme un instrument nécessaire pour consolider les acquis de la transition et assurer la stabilité face aux défis sécuritaires et socio-économiques persistants.
Selon eux, la période transitoire, sans échéance fixe, permettra au gouvernement de mettre en œuvre des réformes profondes et durables, sans la pression constante des échéances électorales.
Au même moment, les autorités mettent souvent en avant la lutte contre le terrorisme et la refondation de l’État comme des priorités absolues nécessitant une période prolongée de gouvernance.
Devant le CNT, le ministre Mamani NASSIRE saluant les membres du CNT pour avoir adopté le projet de révision de la charte, défendait la même thèse.
Pour lui, cette révision n’est pas un simple ajustement, mais un acte fort qui symbolise l’engagement du pays sur la voie de sa souveraineté, libre de toute influence extérieure.
« Nous nous sommes soumis à aucun dictat et nous faisons face aux réalités de notre pays pour relever les défis auxquels nous sommes confrontés », a-t-il déclaré, réaffirmant la détermination du Mali à mener ce combat aux côtés du Burkina Faso et du Niger avec lesquels il forme l’Alliance des États du Sahel (AES).
Sans équivoque, le ministre NASSIRE laisse entendre que l’organisation des élections est le dernier de leur souci.
La priorité est la pacification du pays plutôt que l’organisation d’élections, a-t-il réitéré.
« Nul ne peut nous distraire à aller dans d’autres chemins que les chemins de la pacification », a affirmé le ministre.
La décision pour la transition d’aligner, la durée de son mandat à celle des autres pays de l’AES était, a justifié le ministre NASSIRE, « une attente nécessaire » qui donne un horizon clair à cette transition. Même si, a-t-il rappelé, des dispositions antérieures mentionnaient la mise en place d’institutions issues d’élections comme fin de la période transitoire.

PAR SIKOU BAH

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