L’Agence nationale d’assistance médicale (ANAM) a tenu, le vendredi 2025, la 23e session de son conseil d’administration. C’était sous la présidence du secrétaire général du ministère de la santé et du développement social, le Dr Abdoulaye GUINDO ; en présence du directeur de l’ANAM et les membres du conseil d’administration.

Cette session a été l’occasion d’adopter les comptes de gestion au titre de l’exercice 2024 ; d’examiner le procès-verbal de la 22e session, le rapport technique de la réalisation des activités et le rapport d’exécution du budget au 31 mars 2025.
En campant le décor, le président de séance a noté que cette session se tenait dans un contexte sociopolitique marqué par des défis importants, exacerbés par une méfiance croissante d’une partie de la communauté internationale. Il a fait allusion aux tensions politiques internes, à la crise énergétique et leurs effets sur les économies familiales qui créent un environnement particulièrement difficile pour nos concitoyens.
Face à cette situation, le Dr Abdoulaye GUINDO a indiqué qu’il était plus que jamais nécessaire de renforcer la résilience des Maliens. ’’La protection sociale, en général, et l’assistance sociale, en particulier, jouent un rôle crucial pour alléger les souffrances des populations les plus vulnérables’’, a-t-il souligné.
Le secrétaire général a informé qu’à l’instar des années antérieures, l’ANAM a consacré des axes importants de son plan de travail annuel 2025 à l’amélioration de la prise en charge des bénéficiaires.
Au nombre des réalisations, le Dr GUINDO a égrené entre autres : l’immatriculation au RAMED de 2 918 nouveaux bénéficiaires sur l’ensemble du Territoire national, soit 0,58% du résultat programmé en 2025 ; la prise en charge médicale gratuite de 7 460 bénéficiaires.
Ce qui donne un cumul de 470 286 bénéficiaires pris en charge gratuitement sur un total cumulé de 3 494 500 personnes immatriculées de 2011 au 31 mars 2025.
« À l’analyse de ces résultats, nous constatons que 53,78% des bénéficiaires du RAMED font recours aux Centres Hospitaliers Universitaires. Cette situation contribue fortement à une augmentation significative des coûts de prise en charge médicale. Il est nécessaire d’inverser cette tendance par l’utilisation accrue des Centres de Santé Communautaires par les bénéficiaires du RAMED », a affirmé le Dr Abdoulaye GUINDO.
Par ailleurs, dira-t-il que les résultats et cette synergie ne doivent pas occulter les défis énormes qui attendent l’ANAM, comme la lancinante problématique des factures impayées de prestations médicales des exercices antérieurs.
Dans la même veine, le Dr GUINDO a évoqué la question de la mobilisation des contributions des collectivités territoriales qui a toujours figuré parmi les difficultés de l’ANAM, même si depuis la création d’un service de recouvrement en 2023, il y a une nette amélioration, avec un montant mobilisé de plus de cent millions de francs CFA par année.
Le secrétaire général a profité pour faire un plaidoyer auprès des autorités pour renforcer davantage l’ancrage institutionnel de l’ANAM, surtout à l’horizon du RAMU, en lui conférant le rôle central qu’elle mérite au sein de l’architecture de protection sociale au Mali.
Il a insisté à dire que tout ceci repose sur une gestion efficiente de l’ANAM bâtie autour des principes clés comme la transparence, la redevabilité et la nécessité de rendre compte, qui sont des exigences inévitables pour une confiance durable vis-à-vis des autorités et des partenaires.
«La prise en charge des blessés de guerre qui fait augmenter les dépenses est une question de souveraineté nationale », a affirmé le Dr GUINDO, avant d’appeler les administrateurs à bien examiner le budget et renforcer le plaidoyer auprès des collectivités pour qu’elles soient à jour.
Il a enfin témoigné sur les soulagements apportés par l’ANAM dans la prise en charge des blessés de guerre qui était un véritable problème.
’’On peut aujourd’hui se taper la poitrine que ce problème est plus ou moins résolu, mais il faudrait de nouvelles stratégies’’, a recommandé le secrétaire général.

PAR MODIBO KONÉ

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *