Au Conseil de sécurité de l’ONU, le Mali et le Burkina, en qualité de pays frères concernés par la situation qui prévaut au Niger, à travers un communiqué conjoint en date du 8 août 2023, ont exprimé leur ferme condamnation de toute intervention militaire de la CEDEAO ou de toute autre force internationale. Pour le Mali et le Niger, toute intervention militaire internationale violerait la souveraineté de l’État du Niger.

Après avoir alerté la CEDEAO, le lundi 31 juillet dernier, Bamako et Ouagadougou ont adressé un communiqué au Conseil de sécurité de l’ONU, ce mardi 08 août 2023, pour dénoncer l’organisation sous régionale face à son projet d’intervention militaire au Niger.
Dans leur communiqué conjoint adressé à l’ONU, le Mali et le Burkina Faso ont soutenu que le peuple du Niger avait décidé, le mercredi 26 juillet 2023, en toute responsabilité et de manière pacifique, sans aucune effusion de sang, de prendre son destin en main et d’assumer devant l’histoire la plénitude de sa souveraineté.
Par la suite, ajoutent-ils, l’adhésion des populations nigériennes aux évènements survenus n’a cessé de croître, notamment à travers des manifestations pacifiques de soutien aux nouvelles autorités nigériennes.
Malgré cette volonté populaire clairement manifestée, soutient le communiqué conjoint, la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en rupture totale avec la légalité internationale et la légitimité, a fait le choix de privilégier les mesures coercitives, y compris le recours à la force armée, contre un pays souverain.
Dans leur document, le Mali et le Burkina Faso ont souligné que le motif de cette agression, déguisée en intervention militaire sous le prétexte du rétablissement de la démocratie, cache mal les agendas de puissances étrangères prêtes à aggraver une situation sécuritaire déjà précaire. Les deux pays ont saisi l’occasion pour rappeler un cas précédent similaire en 2011, qui avait causé l’effondrement de l’État libyen et la déstabilisation de la région du Sahel.
Aussi, ont-ils précisé qu’à cette date, les responsabilités de cette opération militaire n’ont toujours pas été assumées, tandis que les Etats du Sahel continuent d’en subir les conséquences néfastes, particulièrement la prolifération des groupes terroristes et leur corollaire de circulations d’armes de toutes sortes dans la région.
Par ailleurs, les gouvernements du Burkina Faso et du Mali ont clairement averti sur les conséquences d’une telle intervention militaire pour la stabilité de la sous-région.
« En qualité d’États voisins et concernés par la situation d’un pays frère, le Mali et le Burkina réitèrent leur ferme condamnation de toute intervention militaire de la CEDEAO ou de toute autre force internationale qui violerait ainsi la souveraineté de l’État du Niger », soutient le communiqué conjoint.
À cet effet, les deux pays (Mali et Burkina) ont dénoncé la persistance de l’organisation sous régionale dans cette approche improductive, voire contreproductive, qui conduirait à la déstabilisation de la CEDEAO.
Ainsi, les Gouvernements de Transition du Burkina Faso et du Mali en appellent à la responsabilité principale du Conseil de sécurité, garante de la paix et de la sécurité internationale.
« Pour empêcher, par tous les moyens à sa disposition, une action armée contre un État souverain dont l’ampleur des conséquences serait imprévisible » préviennent-ils.
Enfin, tout en comptant sur la sagesse du Conseil de sécurité pour éviter, et la dégradation de la situation sécuritaire avec la multiplication et la propagation des groupes terroristes, le Mali et le Burkina Faso souhaitent dévier un drame humanitaire, qui s’ajouterait aux difficultés d’une population en attente légitime d’un soutien pour faire face aux nombreux défis auxquelles elle est confrontée.
Les deux pays ont déclaré que l’attachement à la recherche de solutions par les voies exclusives de la diplomatie et de la négociation saurait garantir la paix et la stabilité du Niger et de la région.

Par SABA BALLO

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *