À la faveur de la commémoration de la journée des migrants, célébrée chaque 18 juin, l’Association malienne des expulsés (AME) a encore une fois profité de l’occasion pour condamner avec fermeté les mesures prises par les États européens et leurs alliés pour criminaliser les migrations et réprimer les migrants. Cette année, c’est le régime d’asile européen commun (RAEC) qui est pointé du doigt par les responsables de l’AME qui voient dans l’implication des pays de transit, à l’image de la Tunisie et de la Libye, dans ce régime comme une tentative de contrôle et d’externalisation des frontières européennes sur le continent.

Dans une déclaration en date du 20 juin 2023, l’AME appelle les pays d’origine des migrants, dans leur ensemble, à se mobiliser pour rappeler aux pays de transit des migrants vers l’UE, le respect des accords entre États. Dans sa déclaration, l’AME tire la sonnette d’alarme sur la visite de deux diplomates européenne en Tunisie.
En effet, le dimanche 11 juin 2023, Madame Ursula Von Der Leyen et Madame Giorgia Meloni, respectivement présidente de la Commission de l’UE et présidente du Conseil des ministres de l’Italie, se sont rendues à Tunis pour discuter des évolutions du régime d’asile européen commun avec le président tunisien, Said.
Pour les responsables de l’Association malienne des expulsés (AME), cette visite a pour objectif d’aboutir à la signature d’un Accord qui obligerait le régime tunisien à la détenue pendant des semaines voire des mois des migrants subsahariens sur son sol.
Selon les responsables de l’AME, des débats sont actuellement en cours sur une réforme du ‘’régime d’asile européen commun’’ au sein des institutions de l’Union européenne.
Également, les ministres de l’Intérieur de l’UE ont récemment tenu une réunion au cours de laquelle ils ont décidé de se mettre d’accord sur ce que l’on appelle les procédures/filtrages aux frontières des réfugiés qui arrivent ; ce qui signifie en réalité que la plupart des personnes qui arrivent sont détenues pendant des semaines voire des mois.
Ils ont également décidé de faciliter la déclaration de soi-disant ‘’pays tiers sûrs’’ vers lesquels ils pourront renvoyer les réfugiés, probablement vers des pays comme la Turquie et la Tunisie.
Le dimanche 11 juin 2023, Madame Ursula Von Der Leyen et Madame Giorgia Meloni, respectivement présidente de la Commission de l’UE et présidente du Conseil des ministres de l’Italie, se sont déjà rendues à Tunis pour discuter d’un tel accord avec le président tunisien Said.
Dans sa déclaration, l’AME accuse ces deux dames de vouloir ‘’acheter un autre portier pour l’UE’’ avec une somme de 900 millions d’euros en poche.
En effet, le régime d’asile européen dans la forme est censé fixé des normes minimales applicables au traitement de tous les demandeurs d’asile et de leurs demandes dans l’ensemble de l’UE, ainsi que d’harmoniser l’interprétation et l’application du droit d’asile entre les États membres de l’Union.
Pour autant, l’AME trouve que ce régime, dans le fond, vise un durcissement des conditions pour les demandeurs d’asile d’un côté. Ce durcissement, à la longue, va se manifester par un filtrage des réfugiés aux différentes frontières avec comme conséquence immédiate, une détention plus ou moins longue des réfugiés aux frontières, en témoigne la dernière réunion des ministres de l’Intérieur de l’UE.
De l’autre côté, il vise aussi une interdiction plus ou moins formelle de l’immigration des migrants subsahariens et bien d’autres vers l’UE, en s’appuyant dans ce combat sur certains pays de transit des migrants, en particulier la Turquie, et certains pays Maghrébins, comme la Tunisie pour mieux protéger les frontières extérieures de l’UE.
Convaincue que la récente visite de Giorgia Meloni accompagnée par Ursula Von der Leyen et Mark Rutte en Tunisie s’inscrit dans cette dynamique de contrôle et de l’externalisation des frontières européennes l’AME, pour couper court à ce projet de l’UE, invite les pays d’origines des migrants dans leur ensemble à se mobiliser pour rappeler aux pays de transit des migrants vers l’UE, le respect des accords entre États.
Il s’agit aussi de rappeler à l’UE l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme depuis 1948 qui garantit la liberté de circulation qui est le droit pour tout individu de se déplacer librement dans un pays, de quitter celui-ci et d’y revenir.
Enfin, il s’agit de condamner avec fermeté les mesures prises par les États européens et leurs alliés pour criminaliser les migrations et réprimer les migrants.

Par Abdoulaye OUATTARA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *