La Direction de l’information et des relations publiques des armées a animé son traditionnel point de presse consacré à la situation sécuritaire du pays, hier jeudi. Au cours de cette rencontre, les échanges ont porté sur le désengagement de la MINUSMA, les recrutements en cours au sein des forces défense et de sécurité, les opérations militaires. Au cours des échanges avec les hommes de médias, le Directeur de la DIRPA, le Colonel major Souleymane DEMBELE, a déclaré que toutes les dispositions étaient prises pour que les paysans puissent procéder à la récolte de leurs productions. De même, il ressort que 180 000 dossiers de candidatures ont été enregistrés suite au lancement du concours de recrutement au sein des forces armées et de sécurité.

A l’entame de son propos, le Colonel major Souleymane DEMBELE a rappelé que la résolution N°2690 du Conseil de sécurité des nations unies du 30 juin 2023 met fin au mandat de la MINUSMA dans notre pays, suite à la demande de retrait sans délai de la mission onusienne par le Mali. Un retrait, dit-il, qui doit être coordonné, ordonné et sécurisé avant le 31 décembre 2023.
Ainsi, la première phase de ce désengagement de la Minusma a commencé le 1er juillet 2023 et s’est achevée le 30 août 2023.
Lors de cette première phase, a-t-il expliqué, il y a eu le transfert des camps d’Ogossagou le 04 août 2023 ; de Ber le 12 août 2023 ; de Goundam le 12 août 2023, de Ménaka le 25 août 2023.
La deuxième phase qui a également fait l’objet d’un chronogramme convenu entre les deux parties a commencé le 1er septembre pour finir le 31 octobre 2023.
Pour cette deuxième phase, les transferts ont concerné Douentza le 21 octobre 2023 et Tessalit le 21 octobre 2023. Par contre, les camps d’Aguelhok et de Kidal n’ont pas été transférés aux FAMa comme initialement prévu. A la date d’aujourd’hui, il reste les transferts des camps d’Ansongo, de Mopti, de Gao et de Bamako.
Tout le processus qui concerne les transferts des camps doit être bouclé d’ici le 15 décembre 2023, a précisé le responsable de la DIRPA.
A la date d’aujourd’hui, la mission onusienne s’est retirée de 8 camps au Mali ; dont 6 ont été effectivement rétrocédés aux FAMa ; et les deux autres ont été abandonnés (Aguelhok et Kidal).
Polémique
Abordant cette épineuse question du départ précipité des forces de la MINUSMA dans la région de Kidal, le patron de la DIRPA a exprimé sa désapprobation et sa déception face au comportement de cette force internationale qui frise avec l’irresponsabilité et la trahison.
« On a vu que la MINUSMA, pour des questions de sécurité de son personnel a soit rétrocédé des camps, soit abandonné des camps. Je pense que ce sont des forces militaires pour la sécurité du personnel civil. Je suis désolé d’apprendre que depuis 9 à 10 ans que cette force onusienne multinationale qui est dans notre pays puisse poser cette question de sécurité de son personnel. Qu’en est-il de la sécurité de la population malienne et de leurs biens ? Des missions qui leur ont été confiées par le Conseil de sécurité des Nations unies», a-t-il déploré.
Il a critiqué cette posture d’une force internationale qui était supposée être au Mali pour assurer la sécurité des personnes et des biens. Une force, sous prétexte d’insécurité, de menace et de sécurité pour son personnel, qui se retire de cette manière.
Quid des opérations ?
Pour ce qui concerne les opérations ; le conférencier a fait savoir que les FAMa maintenaient, à présent, la pression sur les groupes armés terroristes et disposaient de l’initiative sur le terrain. Une initiative qui se traduit sur le terrain par la recherche, mais aussi la neutralisation des combattants terroristes, sans oublier que tous les sanctuaires identifiés ont été détruits par nos forces dans le cadre de l’opération Kélétigui et du Plan Maliko.
Selon la DIRPA, les Forces Armées Maliennes sont dans la dynamique de leur mission régalienne de défense de l’intégrité du territoire et de la sécurisation des personnes et des biens.
«Les FAMa sont des forces professionnelles, respectueuses des Droits de l’Homme et du Droit International Humanitaire. A cet effet, elle ne saurait, en aucun cas, porter atteinte à l’intégrité physique d’un citoyen. A cet effet, elles ne sauraient, en aucun cas, porté atteintes, à l’intégrité physique d’un citoyen malien», a précisé le Colonel-major.
Il ressort de son propos que les FAMa, dans leur mission de défense et de sauvegarde de l’intégrité territoriale du Mali, ne sauraient tolérer que n’importe quel individu, ou n’importe quel groupe terroriste lui empêche d’assumer sa mission régalienne.
« Aujourd’hui, aucune portion du territoire malien n’échappe aux FAMa.
Dans le cadre des opérations d’opportunité, des actions aéroterrestres ont été menées dans les secteurs de Mopti et de Boni pour intercepter puis détruire des pick-up et des motos terroristes. Plusieurs terroristes ont été neutralisés, des armes et des moyens de communication ont été également saisis », a détaillé le patron de la DIRPA.
Sécuriser les paysans dans les champs
Selon le Colonel-major Souleymane DEMBELE, les FAMa s’inscrivent parfaitement dans cette optique afin de permettre au monde paysan de procéder en toute quiétude à la récolte de leurs productions.
Pour la campagne agricole, il a rappelé que par le passé, cette période des récoltes se caractérisait par la montée de la pression des terroristes sur le monde paysan.
Par exemple, dans la localité de Dialassagou, nombreux étaient les paysans qui étaient dans l’expectative ayant perdu tout espoir de récolter leur champ et de pouvoir bénéficier du fruit de leur labeur. Toute chose qui s’explique par la présence des groupes armés terroristes qui essayent de créer la psychose au niveau de la population.
« Contrairement à ces années précédentes, toutes les dispositions ont été prises pour que les paysans puissent procéder en toute quiétude de leurs productions », a-t-il affirmé avec fierté.
Engouement des jeunes
Dans le cadre du lancement des concours de recrutement au sein des forces de défense et de sécurité, il ressort de son propos qu’à la date du 1er novembre 2023, plus de 180 000 dossiers de candidatures ont été enregistrés.
La situation des dépôts de dossiers au niveau des forces de défense et sécurité du Mali se présente comme suit : DTTA, 4 262 ; DCSSA, 3361 ; DCA, 920 ; DGPN, 40 000 ; DGPC, 20 000 ; DJM, 143 ; AT, 47 660 ; AA, 14 432 ; GNM, 72 783 ; DGN, 29 474 ; DGM, 16 614 ; DMHTA, 725.
Cette mobilisation inédite de la jeunesse malienne pour la défense de la patrie face à l’agression des groupes armés terroristes a été saluée par le Colonel-major DEMBELE.

Par Abdoulaye OUATTARA

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