Un an après le tragique blocus décrété en septembre 2025 contre l’approvisionnement du pays en hydrocarbures, une période sombre marquée par des actes de sabotage abjects, du vandalisme et des incendies criminels de citernes visant à asphyxier l’économie nationale, le Mali franchit un cap décisif vers la stabilisation.
Le jeudi 3 septembre 2026, à la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a présidé la 32ᵉ réunion du cadre de suivi de l’approvisionnement en hydrocarbures. Autour de la table, les organisations professionnelles des produits pétroliers et l’ensemble des parties prenantes étatiques ont examiné un bilan chiffré particulièrement révélateur : sur la seule période du 24 au 30 août 2026, le volume d’approvisionnement global du Mali s’est élevé à 66 383 000 litres, représentant l’acheminement réussi de 1 453 citernes sur le territoire national.
Ces 66,4 millions de litres de carburant ne constituent pas seulement un chiffre impressionnant ; ils représentent un véritable record opérationnel et une performance de haut vol depuis le déclenchement de la crise. Ce résultat remarquable découle directement de la méthode pragmatique prônée par le gouvernement de transition et de la perspicacité de Moussa Alassane Diallo. Face à l’insécurité, l’État a su apporter une réponse rigoureuse combinant une sécurisation militaire renforcée des convois par les Forces armées maliennes (FAMa) et une diversification intelligente des corridors logistiques régionaux. Au-delà du ravitaillement au jour le jour, l’exécutif a entamé la constitution progressive d’un stock stratégique national de réserve visant à couvrir 45 jours de consommation nationale, prémunissant ainsi le pays contre toute secousse future.
Pour la population malienne, si durement éprouvée par des mois d’incertitudes et de pénuries, les retombées concrètes de ce retour à la normale sont multiples. Sur le plan économique, la disponibilité constante du supercarburant et du gasoil relance le secteur du transport, stabilise les prix des denrées de première nécessité et redonne de l’air aux acteurs du secteur privé. Sur le plan social, ce regain de fluidité redonne espoir et confirme que le blocus logistique d’autrefois appartient désormais au passé. Plus crucial encore, cet approvisionnement massif constitue le levier indispensable pour alimenter les centrales thermiques de la société Énergie du Mali (EDM-SA), condition sine qua non pour réduire drastiquement, puis résorber totalement, le fléau des délestages électriques qui paralysent les ménages et les petites entreprises.
Face à ces avancées indiscutables, peut-on affirmer que nous avons atteint le bout du tunnel ou que la crise n’est qu’en passe d’être surmontée ? Si les résultats actuels démontrent que la phase critique du blocage est vaincue grâce à la détermination des autorités, la prudence reste de mise. Le record de 66,3 millions de litres prouve la capacité opérationnelle du Mali à briser l’encerclement, mais la sortie définitive du tunnel résidera dans la capacité à maintenir ce rythme d’approvisionnement sur la durée.
En termes de prospective, la confiance accordée par les citoyens aux autorités de la transition se trouve aujourd’hui renforcée par des preuves tangibles. Pour transformer cet essai victorieux en souveraineté énergétique durable et mettre un terme définitif aux coupures d’électricité, le gouvernement devra poursuivre sur sa lancée : consolider les stocks de réserve, moderniser la gestion d’EDM-SA et accélérer la transition vers des sources d’énergie renouvelables. Le cap est désormais fixé avec fermeté.
EL HADJ SAMBI TOURÉ