Les ministres des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de l’Alliance politique africaine (APA) ont tenu le jeudi 4 mai 2023 leur 1ère conférence à Lomé. Au cours de cette rencontre, les chefs de la diplomatie de l’Alliance ont noté la nécessité pour l’Afrique de s’émanciper de toute tutelle étrangère.

Initiée par les plus hautes autorités togolaises, l’Alliance politique africaine est une plate-forme informelle qui offre un cadre de concertation, de dialogue politique et d’actions communes, fondée sur les liens historiques de fraternité, ainsi que sur les principes d’égalité souveraine des Etats, d’indépendance, d’interdépendance et d’unité d’action.
Elle vise à fédérer les nations africaines qui sont convaincues des idéaux du panafricanisme et déterminées à œuvrer pour une Afrique politiquement forte, indépendante, décomplexée, non-alignée et capable de participer en tant qu’actrice non négligeable à la gouvernance mondiale. L’Alliance politique africaine répond au besoin géopolitique pour l’Afrique de revoir qualitativement et significativement sa relation avec le reste du monde.
Dix Etats ont participé à cette première session de la conférence ministérielle de l’APA. Ainsi, le Mali, le Togo, le Burkina, la République Centrafricaine, le Gabon et la Guinée ont participé au niveau ministériel ; la Libye, l’Angola, la Namibie et la Tanzanie étaient respectivement représentés par le Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères et les Ambassadeurs accrédités au Togo.
Au cours des travaux, marqués notamment par le discours d’ouverture de Mme Victoire TOMEGAH-DOGBE, Premier ministre de la République Togolaise ; Abdoulaye DIOP, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a présidé et modéré la session plénière intitulée « Répondre aux défis de la paix et de la sécurité en Afrique: renforcer la coopération et les capacités endogènes de riposte contre le terrorisme ».
Au cours de cette session, les participants ont évoqué la situation sécuritaire en Afrique ; déploré les ingérences extérieures, parfois à l’origine et responsables de la persistance des crises en Afrique ; et insisté sur la responsabilité des Africains pour apporter des solutions endogènes aux crises et conflits, ainsi que sur la pertinence des valeurs culturelles africaines et le renforcement de la solidarité.
Au cours de leurs échanges, les participants ont exprimé leur solidarité envers les pays africains en transition, à savoir le Burkina, la Guinée et le Mali et ont appelé à la levée des sanctions contre ces pays.
Au terme de leurs travaux, les ministres et chefs de délégation ont notamment décidé de tenir la prochaine session de l’APA à Lomé, à une date à préciser, et de formaliser l’Alliance politique africaine.
A cet égard, le Mali a été sélectionné comme membre du Comité de haut niveau chargé de finaliser les documents fondateurs de l’Alliance.
La conférence ministérielle a pris fin avec l’adoption du Communiqué final dans lequel les participants ont déploré la sous-représentativité de l’Afrique dans les institutions multilatérales de gouvernance mondiale en commençant par les Nations Unies et ont souligné qu’il est aujourd’hui inacceptable que l’Afrique, qui rassemble à elle seule quasiment 28% des Etats membres des Nations Unies, n’ait pas de représentant permanent disposant de droit de véto au Conseil de Sécurité.
« Les ministres ont regretté le manque de progrès dans la dynamique de réforme au sein de l’institution onusienne, notamment au niveau du Conseil de Sécurité, et invité les cinq membres permanents à jouer, chacun en ce qui lui concerne, sa partition à l’effet de faire avancer le processus de réforme », a dénoncé la conférence des ministres.
Les ministres, dans le communiqué final, ont souligné la nécessité pour l’Afrique de se constituer en une force politique indépendante, souveraine, s’autodéterminant politiquement et agissant en toute liberté sur la scène internationale.
Ils ont salué l’ambition de l’Union africaine dès sa création d’œuvrer à l’avènement d’une « Afrique intégrée, prospère et pacifique, dirigée par ses propres citoyens et représentant une force dynamique sur la scène internationale» et affirmé leur attachement au principe de non-alignement posé en 1963 par la défunte Organisation de l’’Unité Africaine (OUA) comme étant l’un des principes essentiels devant structurer le rapport des pays africains nouvellement indépendants avec le reste du monde.
« Les ministres ont également souligné la nécessité pour l’Afrique de s’émanciper de toute tutelle étrangère, quelle qu’elle soit et d’où qu’elle vienne, et d’œuvrer à se préserver des influences et ingérences extérieures qui sont parfois des facteurs de crises et d’instabilité sur le continent », ont-ils affirmé.
Par ailleurs alors que le pays est confronté à défis de lutte contre le terrorisme, les ministres ont convenu de la nécessité pour les nations africaines de renforcer leurs liens de solidarité et leurs relations de coopération dans la riposte contre les groupes armés terroristes et/ou non étatiques.
A cet effet, ils ont relevé l’exigence de mutualiser les moyens financiers, techniques, logistiques et humains dans les ripostes régionales et africaines contre le terrorisme.

PAR SIKOU BAH

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