L’ancien Premier ministre, Moussa MARA, a été empêché, ce lundi 21 juillet 2025, dans l’après-midi, de quitter le pays alors qu’il s’apprêtait à accompagner ses enfants au Sénégal et prendre part également à une rencontre de Friedrich Ebert Stiftung. Selon nos informations, son retour à Bamako était prévu pour le 27 juillet. Cette interdiction de voyager intervient dans le cadre d’une procédure judiciaire en cours contre lui sur instruction du Pôle national de cybercriminalité après une publication sur X (ex-tweet).
L’ancien Premier ministre, Moussa MARA, n’a pas effectué ce jour son voyage au Sénégal avec ses enfants. L’homme politique, jugé trop critique, s’est vu refusé d’accéder à l’avion par le service de sécurité de contrôle au niveau de l’aéroport.
Selon plusieurs sources concordantes, il devait accompagner ses enfants à un déplacement à Dakar.
De plus, il devait participer à une rencontre de la Fondation Friedrich Ebert Stiftung qui doit s’ouvrir ce matin.
Son retour était programmé le 27 juillet.
À ce stade, ni l’intéressé, très actif sur les réseaux sociaux, ni son avocat, Me Mountaga TALL, n’a pipé un mot sur cette affaire.
Également, aucune communication officielle n’a été rendue publique par la Justice, ni par le service de sécurité et de contrôle de l’aéroport. Cependant des indiscrétions laissent entendre que c’est une mesure conservatoire à titre préventif, dans l’attente de l’évolution de la procédure judiciaire en cours contre lui.
Une mesure conservatoire prise par une autorité est justifiée en vue d’éviter qu’un individu ne puisse échapper à la justice.
En effet, M. MARA est dans le viseur de la Justice après une publication controversée sur le réseau social X (ex-Twitter) en date 4 juillet dernier, laquelle aurait, selon des observateurs, enfreint certaines dispositions légales relatives à la sécurité publique.
Dans son tweet, l’ancien maire de la commune IV affirme agir en solidarité avec ceux qu’il qualifie de « prisonniers d’opinion », tout en mentionnant avoir également rencontré leurs familles.
« Tout cela pour que jamais ne s’éteigne en eux la flamme de l’espoir ». Mais c’est cette phrase qui aurait retenu l’attention des enquêteurs : « Aussi longtemps que dure la nuit, le soleil finira évidemment par apparaître ! Et nous nous battrons par tous les moyens pour que cela arrive, et le plus tôt possible ».
Dans le cadre de cette procédure, MARA a déjà été longuement entendu du 15 au 16 juillet 2025 par la Brigade d’investigations judiciaires (BIJ) avant d’être renvoyé au procureur du Tribunal de grande instance de la Commune IV.
Si après ces journées marathon, Moussa MARA a regagné son domicile, son avocat, Me Mountaga TALL, dans une note publiée sur les réseaux sociaux, précise que la justice reste saisie de ce dossier.
Connu pour son franc-parler, l’ancien Premier ministre était l’un des rares responsables à critiquer ouvertement les autorités de la transition ; tout en proposant des solutions pour une gouvernance plus saine, avant la dissolution des partis politiques. Alors MARA est-il victime de sa prise de parole ? En tout cas, pour d’observateurs, cette affaire est une tentative de museler une voix qui critique.
PAR SIKOU BAH