La première réunion des ministres chargés de la Justice des pays membres de la Confédération de l’Alliance des Etats du Sahel se tiendra ce jeudi 29 mai 2025 à Bamako. L’objectif est de permettre à la Confédération de renforcer et d’harmoniser ses instruments judiciaires pour une coopération plus efficace.
En prélude à l’événement, le ministre de la justice et des droits de l’homme, Garde des Sceaux, Mamoudou KASSOGUE, a présidé, ce mardi 27 mai 2025, la cérémonie d’ouverture de la réunion de trois regroupant des experts de justice des trois pays, à savoir : le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Cette cérémonie qui avait pour cadre l’hôtel Radisson Collection (Ex-Sheraton) s’est déroulée en présence de S.E Adamou ABDOU, Ambassadeur du Niger et de S.E. Madame Julienne DEMBELE/SANON, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Burkina Faso ; Kabine Diane, premier vice-président de la délégation spéciale de la commune IV.
Cette rencontre de Bamako est une belle opportunité pour réfléchir sur une possible harmonisation des professions juridiques libérales qui constituerait, sans nul doute, une mesure d’accompagnement très utile pour les acteurs économiques à l’échelle de la confédération et un facteur d’encouragement pour les investisseurs puisqu’elle renforce la sécurité juridique et judiciaire de ceux-ci.
À l’ouverture des travaux, le ministre KASSOGUE a souligné qu’après la signature du Traité qui met l’accent sur trois domaines de compétences déléguées à la Confédération, à savoir : la défense et la sécurité ; la diplomatie et le développement ; il s’agit d’amorcer la phase de l’opérationnalisation avec l’adoption et la mise en œuvre progressive de mécanismes administratifs et juridiques.
À cet égard, il s’est félicité des avancées notables enregistrées dans certains secteurs, notamment la défense et la sécurité, l’économie et les finances, la diplomatie, la culture et les transports, ouvrant la voie à d’autres initiatives pour la mobilisation des ressources et des énergies au service de l’espace confédéral.
C’est en cela que cette première réunion des ministres chargés de la Justice à Bamako revêt une importance capitale pour le secteur de la justice qui se doit d’être un des leviers majeurs pour la paix et la stabilité sociale dans notre espace commun, mais aussi pour le développement social et économique auquel aspirent les populations.
Elle devrait aboutir à la mise en place d’un comité d’experts interétatique pour le suivi et la mise en œuvre des conclusions qui en seront issues.
« L’uniformisation du droit et les modalités de création d’institution judiciaire commune sont au cœur des réalités que vivent nos populations et les acteurs économiques qui aspirent à la paix et à la stabilité sociale à travers des mécanismes juridiques et judiciaires garantissant la lutte contre l’impunité, mais aussi la sécurité juridique et judiciaire indispensable au développement des activités économiques », a fait savoir le Garde des Sceaux.
Pour lui, la profondeur et l’ampleur du terrorisme ainsi que le financement du terrorisme, le caractère transnational de cette grande criminalité, l’insuffisance des ressources et les besoins de renforcement des capacités des ressources humaines sont, entre autres, des facteurs incitant à rechercher des solutions mieux adaptées et plus efficaces à l’échelle de l’espace confédéral.
Au regard de l’importance de ces thématiques qui seront débattues et des questions qu’elles suscitent, cette première réunion des ministres chargés de la Justice des pays membres de la Confédération de l’Alliance des Etats du Sahel, sera une étape fondamentale destinée à tracer les sillons pour le devenir radieux du secteur judiciaire de notre espace commun.
Il s’agit, pour le secteur judiciaire, de prendre la place qui est la sienne dans l’architecture confédérale pour l’atteinte des objectifs qui ont été assignés à l’Organisation.
« Le domaine judiciaire est appelé à jouer sa partition dans cette œuvre confédérale, car c’est un constat, largement admis, que toute œuvre d’intégration doit avoir pour fondement une nomenclature juridique et des institutions judiciaires solides et dynamiques», a dit le ministre KASSOGUE.
Au nom des plus hautes autorités de notre pays et en son nom propre, il tenu à saluer et remercier les membres des délégations du Burkina Faso et du Niger, pour avoir répondu très promptement à cette sollicitation historique de Bamako, malgré les charges liées à leurs fonctions et les contraintes d’agenda et de calendrier.
Par Abdoulaye OUATTARA