Le ministre des Maliens Établis à l’Extérieur et de l’Intégration Africaine, Alhamdou AG ILYENE a affirmé ce jeudi 9 mars lors de la 2e édition de Connect223 que 95 % des transferts des fonds de la diaspora avaient été orientés vers les besoins sociaux. Seulement, 5% sont investis notamment dans l’entreprenariat. Une situation à inverser pour permettre à la diaspora de davantage impacter le développement du pays.
« Migration, jeunesse : ensemble bâtissons l’avenir du Mali» était le thème de la 2e édition de ‘’ Connect223’’, dont la cérémonie d’ouverture, en plus du ministre AG ILYENE, a enregistré la participation du chef de mission de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Pascal REYNTJENS.
Ont également pris part à l’édition, plusieurs acteurs et partenaires intervenant dans l’organisation de la migration ainsi que des migrants pour une migration régulière. Une opportunité pour informer le public sur les questions migratoires et d’attirer l’attention des décideurs et des jeunes sur les défis, les enjeux et les opportunités de la migration.
Créée par l’OIM en 2019, cette initiative est portée par des jeunes de l’Union des Ambassadeurs tous acteurs de la migration et qui ont décidé de faire cette pratique ancestrale au Mali un déplacement positif et constructif.
Sa tenue vise à apporter un changement de paradigme vis à vis de la migration et participe à l’appropriation de l’histoire du pays. Il d’agit également de valoriser le potentiel du Mali pour la jeunesse, et enfin, de participer au retour volontaire et la réduction de la migration irrégulière et meurtrière pour nos populations.
Yasmine CISSE, vice-présidente de cette association, est également le fruit de la migration, à l’image des autres membres, qui a décidé de rentrer dans son pays d’origine en vue de participer à son développement économique et social.
« Nous avons d’ailleurs décidé de conceptualiser ce phénomène, qui s’installe depuis plusieurs années, afin d’impacter et rendre positif le narratif autour de la migration, mais aussi simplement autour du Mali, souvent mis à mal par les crises et par la presse internationale », a expliqué la vice-présidente.
En organisant cette édition du Connect 223, a-t-elle indiqué, c’est une nouvelle pierre portée à l’édifice de l’ouvrage qui, à travers la PONAM (Politique Nationale de Migration), consiste à faire de la migration un atout pour le Mali. Mais également une étape importante de l’Agenda 2030 pour le développement durable et le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières dans lequel le Mali occupe une place particulière, a ajouté Yasmine CISSE.
En tant qu’organisation de société civile, au-delà du Connect 223, elle a salué tous les efforts du gouvernement, mais aussi, ceux consentis par l’OIM auprès du Mali, tout en les invitant à continuer ; à travailler afin de faire de la migration, vers le Mali, ou à partir du Mali, un levier puissant de développement socio-économique.
« Pour l’OIM, une migration régulière, ordonnée et sure est bénéfique pour les migrants et la société. C’est pourquoi, avec nos partenaires, nous avons initié Connect223, en vue de favoriser un débat positif sur les migrations, tout en partageant les meilleures pratiques qui soutiennent l’Agenda 2030 pour le développement durable, le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, ainsi que la Politique Nationale de Migration (PONAM) du Mali », a déclaré de son côté Pascal REYNTJENS, chef de Mission de l’OIM au Mali.
Présidant la rencontre, le ministre Alhamdou AG ILYENE a affirmé : « L’engagement de la diaspora malienne se manifeste par des transferts de fonds importants, des contributions au développement local et le transfert des compétences intellectuelles et techniques.»
En référence à des données de la Banque mondiale, le ministre malien a relevé que 95 % des transferts des fonds de la diaspora avaient été orientés vers les besoins sociaux.
« Seulement 5% desdits transferts sont investis pour l’entreprenariat, l’immobilier et autres. C’est tout l’enjeu aujourd’hui d’orienter ces ressources de la diaspora vers des investissements productifs », a-t-il indiqué.
Ce faisant, son département, dit-il, avec l’appui des partenaires a engagé plusieurs actions dont l’élaboration de la Stratégie Nationale pour l’investissement productif de la diaspora, la réalisation d’une étude de faisabilité pour la création de la Banque d’Investissement des Maliens établis à l’extérieur ; la réalisation d’une étude relative à l’état des lieux des dispositifs et mécanismes existants pour l’incitation de la diaspora malienne aux investissements productifs, l’élaboration du Guide portant sur les filières porteuses au Mali.
Cette 2e édition a été marquée par des conférences débats, de partage d’expériences directs entre les visiteurs et des acteurs influents de l’écosystème de la migration au Mali.
PAR SIKOU BAH