Le parquet a requis, ce lundi 7 septembre, une peine de trois ans d’emprisonnement, dont deux ans ferme, contre notre confrère Abdrahamane KEITA. La partie civile, quant à elle, réclame le paiement de 1 500 000 FCFA au titre des préjudices subis. Le procès a été mis en délibéré au lundi 15 septembre prochain.

Après plusieurs reports, le procès du journaliste Abdrahamane KEITA, directeur de publication du journal Le Témoin, s’est ouvert ce lundi 7 septembre 2026 devant le pôle national de lutte contre la cybercriminalité de Bamako. Le ministère public a requis à son encontre une peine de trois ans d’emprisonnement, dont deux ans fermes.

Le journaliste, Abdrahamane KEITA, est incarcéré depuis le 9 juin 2026, date à laquelle il a été placé sous mandat de dépôt par le procureur du pôle national de lutte contre la cybercriminalité. En plus d’être responsable du média Le Témoin, Abdrahamane Keïta est également chroniqueur régulier de l’émission de débat « Grand Jury », diffusée sur Renouveau TV.

C’est précisément lors d’une intervention sur ce plateau que ses propos lui ont valu des poursuites. Commentant la situation sécuritaire dans le nord du pays, il avait déploré que la ville de Kidal soit désormais, selon ses termes, « administrée » par Iyad Ag GHALY, chef du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), un mouvement affilié à Al-Qaïda.

À la suite de cette intervention, il est poursuivi pour deux chefs d’inculpation, à savoir : « délit à caractère régionaliste tendant à porter atteinte à l’unité nationale et au crédit de l’État » ; et « publication et diffusion d’informations fausses et trompeuses, dans l’intention que ces informations soient considérées comme authentiques, par le biais d’un système d’information ».

Outre les réquisitions du ministère public, la partie civile représentant l’État a également réclamé le paiement de 1 500 000 FCFA au titre des préjudices subis par l’État. Le délibéré est attendu le lundi 15 septembre prochain.

Avant l’ouverture du procès, une experte de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) avait plaidé pour l’abandon des poursuites engagées contre le journaliste. Dès juin 2026, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme, programme conjoint de la FIDH et de l’OMCT, avait exprimé sa « vive inquiétude » face au maintien en détention de Chahana TAKIOU et d’Abdrahamane KEITA. 

L’organisation estimait que les poursuites engagées contre eux semblaient viser à entraver leurs activités légitimes de journalistes et de défenseurs des droits humains. Elle avait exhorté la justice à les libérer sans condition et à abandonner l’ensemble des charges retenues contre eux.

PAR SIKOU BAH

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