Le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Général de division Daoud Ali Mohamedine, a invité le lundi 28 juillet 2025 la population à la vigilance contre des individus mal intentionnés, qui se font passer pour des intermédiaires, agissant au nom ou pour le compte de personnalités ou autorités publiques dans le but d’obtenir des faveurs ou avantages dans certaines administrations publiques.

Par ces manœuvres, ces individus malhonnêtes parviennent à soutirer de l’argent à certains opérateurs économiques ou demandeurs d’emploi contre de fausses promesses.
De même, d’autres se livrent à des actes d’intimidation à rencontre de certains cadres de l’administration ou des opérateurs économiques au nom des services de la Présidence de la République.
Ces actes déplorables compromettent la transparence et l’égalité de tous dans la fourniture des services publics et sont en porte-à-faux avec les dispositions de la loi n°98-012 du 19 janvier 1998 régissant les relations entre l’administration et les usagers des services publiques.

L’Appel solennel du ministre met en lumière des pratiques frauduleuses et des abus de pouvoir qui s’inscrivent dans un contexte marqué par des défis structurels et socio-politiques. Personne n’est sans savoir que notre pays traverse une période de transition marquée par une gouvernance sous pression, notamment en raison des défis sécuritaires et économiques. Dans ce contexte qui interpelle tous les patriotes, les institutions publiques souffrent souvent d’un manque de transparence et d’efficacité, ce qui crée un terreau fertile pour des pratiques frauduleuses comme celles dénoncées par le ministre. Les escroqueries et intimidations mentionnées exploitent la confiance des citoyens envers les autorités et les failles dans la régulation des interactions entre l’administration et les usagers.

La référence à la loi n°98-012 du 19 janvier 1998, qui encadre les relations entre l’administration et les usagers, souligne l’existence d’un cadre légal destiné à garantir l’équité et la transparence. Cependant, son invocation dans cette déclaration suggère que ce cadre est insuffisamment appliqué ou respecté, révélant une faiblesse dans l’application des lois et dans la lutte contre la corruption.
Les agissements rapportés – escroqueries par des faux intermédiaires et intimidations au nom de la Présidence – reflètent des formes classiques de corruption et d’abus de pouvoir :
– Escroqueries financières : Les individus mal intentionnés profitent de la précarité économique, notamment des demandeurs d’emploi ou des opérateurs économiques, en leur promettant des faveurs (emplois, contrats, licences) contre de l’argent. Cela indique une exploitation des vulnérabilités socio-économiques, dans un pays où le chômage et la pauvreté sont élevés.
– Intimidations : L’usurpation de l’autorité de la Présidence pour intimider des cadres ou des opérateurs économiques suggère une tentative de tirer parti du poids symbolique et politique des institutions centrales. Cela peut également refléter une perception d’impunité, où des individus se sentent libres d’agir dans l’impunité totale.

Ces pratiques ont des conséquences graves telles que :
– l’érosion de la confiance : les citoyens, déjà méfiants envers les institutions en raison des crises récurrentes, pourraient perdre davantage confiance en l’administration publique si de telles fraudes persistent. Cela fragilise le contrat social et la légitimité des autorités.
– l’inégalités accrues : en permettant à certains d’accéder à des services publics par des moyens frauduleux, ces pratiques violent le principe d’égalité énoncé dans la loi de 1998, renforçant les inégalités sociales et économiques.
– l’entrave à la réforme administrative : notre pays s’est engagé dans des réformes pour améliorer la gouvernance et la transparence. Ces actes compromettent ces efforts et pourraient décourager les investisseurs ou les bailleurs de fonds.

L’appel à la vigilance lancé par le ministre est une mesure de sensibilisation, mais il soulève des questions sur la capacité de l’État à agir de manière proactive. En effet, la déclaration ne mentionne pas de mécanismes spécifiques pour traquer ou sanctionner les responsables, ce qui pourrait limiter son impact. Une simple mise en garde risque de ne pas dissuader les fraudeurs si elle n’est pas accompagnée d’enquêtes, d’arrestations ou de sanctions. Toutefois, étant donné que l’appel à la vigilance émane du ministre de la Sécurité, il est probable que les services de police ou de gendarmerie soient mobilisés pour enquêter. L’accent mis sur la vigilance citoyenne peut être perçu comme une délégation de responsabilité aux citoyens, alors que l’État devrait renforcer ses mécanismes de contrôle interne pour prévenir ces abus.

PAR MODIBO KONÉ

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