Les toubibs déterre la hache de guerre. Contre ce qu’ils pensent être une atteinte à leur vie privée, une attaques dans l’exercice de leurs fonctions qui menace la sécurité physique, émotionnelle et psychique des Médecins et qui porte atteinte à l’honneur, à l’intégrité et à la dignité des Médecins dans l’exercice de leurs fonctions, les médecins syndiqués (SY.ME.MA), au nom du droit à l’image et de la protection des données à caractère personnel, se (réservent) le droit de porter plainte contre toute personne qui filme ou filmera le Médecin dans l’exercice de ses fonctions sans son consentement. Comme réaction attendue, la réplique aura été du Berger à la Bergère.

Il faut s’en réjouir, car au-delà de la crise de nerf corporatiste compréhensible, le message de Mme la ministre de la santé est bien passé et a été très entendu. A-t-elle voulu embarrasser ou incommoder les médecins en les jetant en pâture et à la vindicte populaire. Oh, que nenni. En dépit des épaulettes, et de la charge ministérielle, elle est médecin, elle-même. Donc on ne peut dire qu’elle a prêché contre sa propre chapelle.
Que les blouses blanches acceptent les critiques des usagers des structures sanitaires dont l’accueil est des plus exécrables. Alors, puisse que chacun en convient, il faut y trouver une solution. Mme la ministre est-elle sortie de son rôle, de premier responsable du secteur et de médecin ? Son cri de cœur est légitime et son empathie est partagée par l’opinion nationale outre face à l’attitude arrogante affichée à l’accueil des structures de santé. Ce qu’elle propose peut être amélioré, mais elle n’est pas en dessous de l’émotion suscitée. Voici ce qu’elle a dit et qui provoque la colère des médecins qui veulent jouer encore à la ‘’misikilature’’.

‘‘Nous au cabinet nous sommes au service de 6h jusqu’à 20h00 parfois plus. Or, tu vas dans la plupart des établissements les premiers responsables est déjà à la maison. Ce n’est pas normal quand tu vas le soir dans les structures sanitaires, quand tu vas voir qui fait la garde, ce n’est même pas des stagiaires que tu rencontres mais des bénévoles qui n’ont aucun contrat avec la structure.
Et ça, il faut que ça cesse. J’ai été sur le terrain étant directrice moi-même. J’ai été voir comment les sages femmes vendaient les œufs de pintade pendant que des femmes sont sur des tables d’accouchement. Il y a des fois quand on voit certaines publications, on voit certaines choses, on est écœuré et l’ulcéré de faire partie de cette famille de la santé.
Il y a de très bons médecins qui font très correctement leur travail, et il y a des médecins et des personnels de santé même qui prennent l’argent de leur poche pour aider les malades. Tout n’est pas rose. Mais il y a des prouesses et des performances auxquelles il faut rendre. J’en profite pour saluer le défi médical relevé hier tout près par l’équipe de Gabriel Touré qui a pu faire une intervention sur une dame de 21 ans qui avait une grossesse de 5 mois. Alhamdou Lillah et félicitations à eux.
Aucune structure de santé ne peut dire qu’à l’heure actuelle, elle n’est pas été dotée d’équipements. Il y a des équipements, on fait de notre mieux. Il y a des formations. Alors, que chacun prenne ses responsabilités.
J’en appelle à tous, aux syndicats, aux usagers : toutes les dénonciation seront les bienvenues au ministère de la santé et du développement social. Toutefois, ce qu’on aimerait, ce sont des dénonciations avec des noms, avec des heures et avec des structures. Là, les populations auront fait leur travail et nous aussi on fera ce qu’on doit faire. Ce que le département doit faire n’est autre chose que de prendre ses responsabilités face à cette situation qui n’honore ni les établissement sanitaires ni le département.
Trop c’est trop, donc on a écrit beaucoup sur cet aspect-là comme c’est une recommandation des États généraux on va l’exécuter à la lettre pour la satisfaction de nos populations. Nous, on n’a pas autre contrat. Tout ce qu’on veut, c’est que les populations soient à l’aise, que les populations soient bien soignées. Nous ne sommes pas Dieu, nous ne pouvons pas donner la vie aux malades mais on peut les aider pour que même ceux qui doivent mourir qu’ils puissent mourir dignement avec notre accompagnement. Ça c’est notre sacerdoce’’.

SIKOU BAH

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