L’atmosphère est devenue invivable à l’Institut national de santé publique (INSP) depuis un bon moment. Les travailleurs sont vent debout contre la direction accusée d’avoir mal géré les primes COVID-19. Après une Assemblée générale tenue le mardi dernier, les travailleurs ont débuté une série de sit-in, hier jeudi, pour exiger le paiement intégral de leurs dus. Si les doléances ne sont pas satisfaites, ces sit-in aboutiront au déclenchement d’une grève de 72 heures à partir du 4 décembre suivie d’une grève illimitée à partir du 7 décembre.
Très tôt hier matin, les travailleurs de l’Institut national de santé publique (INSP), à l’appel du Syndicat national de la santé et de l’action sociale et de la promotion de la famille (SNS-AS-PF) et du Syndicat national de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (SNESUP), se sont campés à la porte de l’Institut pour un sit-in. Ils étaient quelques dizaines de travailleurs à prendre part à cette manifestation d’humeur avec des bandelettes de tissu rouge autour de la tête ou attachées aux bras. A travers ce sit-in, les travailleurs exigent le paiement intégral de leurs primes COVID-19.
Le secrétaire général du Syndicat national de la santé et de l’action sociale et de la promotion de la famille (SNS-AS-PF), Moussa Salif SIDIBE, a rappelé que depuis 2022 les travailleurs démarchaient la hiérarchie pour le paiement des 30% des recettes, sans succès. Selon lui, 30% des recettes générées dans le cadre des activités COVID-19 à l’INSP reviennent de droit aux travailleurs.
« Il y a les redevances COVID-19 issues des certificats COVID-19 et la prime spéciale accordée par le Président de la transition. Un paiement partiel a été fait, et ils ont fait des retenues sur les sommes qui devraient être versées aux travailleurs. Alors que le Président de la transition a donné l’ordre pour payer intégralement ce que le décret dit. Nous voulons qu’ils nous restituent les prélèvements opérés sur la prime spéciale du Président. Aussi, nous réclamons les redevances COVID, c’est-à-dire les frais de certificat générés au sein de l’INSP », a détaillé Moussa Salif SIDIBÉ.
Il a fait savoir qu’un autre décret COVID devrait être signé par le Président de la transition et que face à la lenteur il a été demandé au ministère de l’Économie et des finances de faire une dérogation.
« Pour ce décret, la période concernée, c’est du 1er juin 2022 au 31 décembre 2022. Ce décret doit être signé pour permettre le paiement des primes aux travailleurs. L’administration nous demande d’attendre pour que le ministère de l’Économie et des finances fasse une dérogation pour pouvoir nous payer. Alors que l’argent est disponible. Pourquoi faire attendre les travailleurs pour une dérogation ? », s’interroge le leader syndical.
Le secrétaire général du syndicat a rappelé que l’INSP était une structure de renommée internationale où travaillent depuis des années des pharmaciens, des médecins et des chercheurs. Il a déploré que malgré le sacrifice consenti par ces cadres, l’État ne leur ait jamais donné une quelconque distinction.
Au cours de ce sit-in, des travailleurs ont profité de cette tribune pour dénoncer l’absentéisme du directeur Samba SOW. Selon eux, ils peuvent faire des mois sans croiser le directeur dans les couloirs de l’INSP.
C’est pourquoi, les travailleurs ont appelé le directeur général à prendre à bras le corps l’avenir de la structure pour que les travailleurs sortent des difficultés actuelles.
PAR MODIBO KONE