Après dix ans d’engagement marqué par des résultats controversé, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté ce vendredi 30 juin une résolution mettant fin au mandat de la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA) suite à une demande des autorités de la transition. Le plan de retrait de la mission onusienne reste à déterminer entre les deux parties (Le Mali et les responsables de la MINUSMA). En tous cas, la Mission a jusqu’au 31 décembre pour plier définitivement bagages.
Déterminées à aller jusqu’au bout de leur logique de défense et de préservation de leurs choix souverains, les autorités de la transition, dans leur quête d’assurer pleinement leurs missions régaliennes de la protection des personnes et de leurs biens ainsi que d’assurer la paix sur l’ensemble du territoire, après avoir poussé au départ Barkhane et Takuba, ont obtenu également le retrait de la MINUSMA.
En effet ce vendredi 30 juin, le Conseil de sécurité des Nations unies à l’unanimité (15 voix pour) la résolution mettant fin au mandat de la MINUSMA déployées en 2013 dans notre pays dans le cadre de la stabilisation du Mali avant d’être aussi chargé du suivi de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix signé en 2015.
La décision a été approuvée par le Conseil de sécurité des Nations unies à la demande des autorités maliennes qui estiment que la Mission n’était pas adaptée à la situation et les différentes options de sa reconfiguration proposées par le secrétaire général Antonio GUTERRES ne prenaient pas en compte les attentes du gouvernement du Mali.
Dans le texte de sa résolution, le Conseil prie la MINUSMA, à compter du 1er juillet 2023, « de commencer immédiatement, la cessation de ses opérations et le transfert de ses tâches ainsi que la réduction et le retrait de son personnel, de façon organisée et en toute sécurité, avec pour objectif que le processus soit achevé le 31 décembre 2023, en étroite consultation avec le Gouvernement de transition malien et en coordination avec les pays fournisseurs de contingents ou de personnel de police ».
Avec un montant aussi insuffisant, a alerté le Secrétaire général adjoint à l’appui opérationnel, la Commission semble avoir minimisé les défis majeurs d’ordre opérationnel, environnemental et politique, liés au départ d’une Mission de 12 420 hommes en uniforme, 4 313 civils et 12 000 matériels lourds.
«Nous avons mis trois ans à la déployer et l’on nous demande de la retirer en six mois », s’est étonné M. Atul Khare. Il a plaidé pour du temps et des ressources, expliquant que la réduction des effectifs et la liquidation d’une opération exigent plus et pas moins de fonds, d’autant que l’ONU était en train de déployer, dans celle au Mali, de nouveaux équipements et capacités actuellement toujours en haute mer.
Il ne faut pas non plus oublier, a rappelé le Secrétaire général adjoint, que la MINUSMA est la mission la plus dangereuse, comme en attestent les 309 morts enregistrés depuis sa création.
Dans sa déclaration, l’Ambassadeur Représentant permanent du Mali à l’ONU, Issa KONFOUROU, a souligné que le Gouvernement du Mali prend acte de la résolution 2690 qui met fin au mandat de la MINUSMA à compter de ce jour 30 juin 2023.
Pour lui, le Conseil de sécurité par cet acte, ne fait que donner une suite favorable à la demande de retrait sans délai de la MINUSMA exprimé par les autorités du Mali.
De son avis, les raisons profondes de cette demande de retrait de la MINUSMA ont été données le 16 juin 2023
En tout cas, en tant que Gouvernement responsable, les autorités maliennes s’engagent à coopérer étroitement avec le Secrétariat des Nations Unies et la MINUSMA dans la mise en œuvre diligente de cette résolution et ce, dans les délais impartis.
Dans cette dynamique, le Mali, conformément à ses responsabilités de pays hôte, poursuivra les mesures prises en vue d’assurer la sureté et la sécurité du personnel, des locaux, installations et biens de la MINUSMA, jusqu’au départ, à date convenue, de la Mission.
Aussi, le Gouvernement du Mali s’engage également à poursuivre de manière efficiente et intelligente, la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, en collaboration avec les mouvements signataires qui le souhaitent, en vue d’une paix, d’une réconciliation nationale et d’une stabilité durables dans notre pays et pour le bénéfice des populations maliennes.
Dans son propos, il a rassuré de l’engagement total du Gouvernement du Mali à poursuivre sans relâche sa mission régalienne de protection des populations civiles et des biens, sur l’ensemble du territoire national.
A cet égard, le Gouvernement, dit-il, regrette que le Conseil continue de considérer la situation au Mali comme une menace à la paix et à la sécurité internationale, en dépit des résultats tangibles enregistrés d’une part sur le terrain par les Forces Armées maliennes, notamment grâce au renforcement des capacités et à l’équipement de l’outil de défense et d’autre part concernant le retour à l’ordre constitutionnel apaisé et sécurisé cher au Colonel Assimi GOÏTA, président de la Transition.
Selon lui, l’organisation réussie, le 18 juin 2023, du référendum constitutionnel s’inscrit dans cette dynamique.
Par Abdoulaye OUATTARA