L’hôtel Mandé a abrité, le vendredi 26 mai, l’atelier national de restitution des résultats du projet « Adaptation de l’Agriculture et de l’Élevage au changement climatique, phase II ». La cérémonie d’ouverture était présidée par le secrétaire général du ministère du Développement rural, Daniel Siméon KELEMA ; en présence du directeur de l’Institut d’économie rurale (IER), le Dr Modibo SYLLA ; de Mme l’ambassadrice de la Norvège au Mali, Rigmor Elianne KOTI, et de plusieurs acteurs dudit projet.
La première phase de ce projet s’est déroulée de 2011 à 2016 et la deuxième de 2018 à 2022. Les objectifs de cette deuxième phase étaient de contribuer à améliorer l’autosuffisance alimentaire et les conditions de vie des populations des régions Centre et Nord du Mali en adaptant l’agriculture et l’élevage au changement climatique à travers la mise à échelle des technologies générées au terme de la première phase du projet.
Aussi, à travers ce projet, il s’agissait d’améliorer la productivité des cultures pluviales ; développer des systèmes agro pastoraux de production basés sur le dromadaire contribuant au développement économique et social des régions Centre et Nord du Mali ; développer des systèmes durables de cultures de décrue pour une sécurité alimentaire dans les régions Centre et Nord du Mali ; développer des techniques durables de protection des berges et de gestion des ressources naturelles; améliorer la nutrition des familles et les revenus des femmes ; évaluer la rentabilité des techniques de résilience au changement climatique ; renforcer la capacité des producteurs, des agents de vulgarisation et des chercheurs aux techniques d’adaptation au changement climatique ; assurer la formation des chercheurs ( doctorat et DEA ) ; assurer le suivi – évaluation des activités du projet.
Le directeur de l’IER, le Dr Modibo SYLLA, a affirmé que ce projet a été financé par le gouvernement du Mali et du Royaume de Norvège. Selon lui, la mise en œuvre du projet a permis la mise à échelle de nombreuses technologies climato sensibles développées au cours de la première phase ainsi que le développement de nouvelles technologies.
Le Dr SYLLA a ajouté que ce projet avait également permis le renforcement des capacités des agents d’encadrement du secteur agricole ; des producteurs et productrices, des transformateurs et transformatrices, dans le but de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et l’augmentation de leurs revenus.
« Le projet a aussi permis des productions scientifiques de qualité, des formations diplômantes en doctorat, master, licence et ingénieur. Les chercheurs ainsi formés dans les différents domaines des sciences agricoles renforceront les capacités de recherche de l’IER et développeront l’expertise nationale, dans un domaine aussi stratégique que constituent les changements climatiques », a informé le directeur de l’IER.
L’Ambassade de la Norvège, Rigmor Elianne KOTI, a souligné que ce projet était le fruit de la coopération entre le gouvernement de la République du Mali et celui du Royaume de Norvège.
« Les activités du projet ont été exécutées dans une grande partie du pays de Kayes à Kidal. Ce projet, qui est donc à sa deuxième phase a été financé par la Norvège à hauteur d’environ 3,3 milliards de FCFA », a rappelé la diplomate norvégienne.
Le secrétaire général du ministre du Développement rural, Daniel Siméon KELEMA, a salué l’excellence de la collaboration entre le gouvernement du Mali et le Royaume de Norvège qui a permis de financer la première phase (2011-2016) et la phase II (2018-2022) du projet « Adaptation de l’agriculture et de l’élevage au changement climatique ».
Il a déploré qu’au Mali l’Agriculture reste très vulnérable au changement climatique. Comme preuve, M. KELEMA, a noté que les récentes études nutritionnelles avaient montré que 1/10e des Maliens souffraient de la malnutrition aigüe et 25 % des enfants de moins de 5 ans étaient atteints de malnutrition chronique avec un coût estimé à 4 % du produit intérieur brut.
Selon lui, dans un tel contexte de forte croissance démographique, l’un des défis est d’assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle et d’augmenter le revenu des ménages. C’est dans ce contexte qu’a été élaboré le projet ACC en vue d’atténuer la vulnérabilité des populations au changement climatique.
PAR MODIBO KONE