Le président du parti YELEMA, Dr Youssouf DIAWARA a déclaré ce dimanche 5 mars, lors de la 4e conférence nationale de sa formation politique que la renaissance tant souhaitée, ne saurait être une réalité que si chacun se remettrait en cause pour avoir contribué à la déchéance du Mali pendant des décennies.
Le parti YELEMA a tenu sa 4ème Conférence nationale au Centre international de conférence de Bamako (CICB) placée sous le thème « Consolider nos acquis dans un environnement hostile aux partis politiques ».
L’ouverture des travaux de cette rencontre présidée par le président du Yèlèma, Dr Youssouf DIAWARA a enregistré la participation de plusieurs responsables politiques ainsi que des organisations de la société civile.
Également des centaines de délégués du parti venus de Bamako, de l’intérieur et de l’extérieur du pays y ont pris part.
S’exprimant à cette occasion, l’ancien Premier ministre, Moussa MARA et ancien président du Yelema s’est réjoui de la progression de son parti.
« Le Yèlèma d’aujourd’hui est beaucoup plus grand que le Yelema d’hier. Si le parti est arrivé à ce niveau, c’est grâce à vous, les militants », a soutenu M. MARA.
Leur parti, dit-il, est vivant, il fonctionne et est sur le terrain. De plus, Yèlèma ose s’exprimer à un moment où beaucoup ont des difficultés à dire ceux qu’ils pensent, a déclaré M. MARA.
A cet égard, Moussa MARA a d’ailleurs été pris à partie par des partisans de la transition pour avoir critiqué l’intervention d’Abdoulaye MAÏGA à la tribune des Nations unies.
« Nous n’avons jamais dit que nous sommes contre la Transition. Nous avons dit que nous voulons la réussite de la Transition. A cet effet, il est de notre devoir de dire la vérité aux autorités », a précisé MARA, tout en assurant que le Yèlèma n’œuvrerait que pour l’intérêt du pays.
Lançant les travaux de ladite conférence, le président Youssouf DIAWARA a également réitéré que leur parti avait décidé de soutenir la réussite de la Transitions. Selon lui, le parti Yèlèma apportera ce soutien sans contraintes, ni pression et en toute responsabilité.
« Nous souhaitons qu’on évite d’inventer des adversaires partout. Nous ne sommes pas des adversaires à la transition. Il faudrait que cela soit entendu et compris », a insisté le président DIAWARA.
Il a fait savoir que le parti Yèlèma menait un combat contre les mauvaises pratiques, les mensonges et la manipulation. Il a affirmé que sa formation politique continuerait à soutenir la réussite de la Transition dans la vérité et dans la transparence, en accord avec leurs principes et valeurs.
« Suivant cette logique, nous aurons le courage de soutenir, de façon désintéressée, toutes décisions apparaissant à nos yeux comme positives à la réussite de la Transition. Nous alerterons sur les manquements et nous nous opposerons aux dérives », a déclaré le président DIAWARA.
Pour lui, le parti a tenu à garder sa liberté de parole et a toujours, au risque de sa popularité, dénoncé les actes négatifs à ses yeux à la bonne marche de la transition.
Par ailleurs, le responsable politique du Yelema a soutenu que dans le contexte de la longue et complexe crise, c’est le moment pour tous les acteurs d’assumer sa responsabilité dans la faillite collective de l’Etat.
« La renaissance tant souhaitée, ne saurait être une réalité que si chacun se remettait en cause. Je veux parler de notre armée qui à travers ses disfonctionnements interne et sa gouvernance opaque pendant des décennies a contribué à la faillite de notre Etat. Je veux aussi parler de certaines de nos notabilités et de nos légitimités religieuses et traditionnelles, inféodées à tous les rois du jour et incapables de dire la vérité lorsque cela s’impose. Je veux enfin parler d’une catégorie d’acteurs de la société civile que certains qualifieraient d’hybrides, Mi-Société civile, Mi-Politiques, jamais l’un ou l’autre. Tous ont contribué à la déchéance de notre nation pendant des décennies », a-t-il déclaré.
Auparavant, Ras Bath qui était l’un des invités de cette activité politique, a estimé que parmi les ennemis des politiques, il y avait les auteurs du coup d’Etat qui avaient peur de leur casserole dans la gestion de la Transition. A cause de cette situation, selon lui, ceux-ci ont peur d’organiser les élections.
Malheureusement, s’est indigné le chroniqueur, cette situation est soutenue par des hommes politiques sans base électorale et voudraient tout faire pour qu’il n’y ait pas des élections.
Alors, ce qui reste, a-t-il souligné « il est appartient aux citoyens attachés au respect des droits d’exiger la tenue des élections pour le retour à l’ordre constitutionnel.»
PAR SIKOU BAH