La direction nationale des eaux et forêts (DNEF), en collaboration avec l’ONG Internationale Wetlands, a célébré ce 17 février 2022, la Journée mondiale des zones humides (JMZH), sous le thème : «Il est urgent de restaurer les zones humides». L’objectif de cette célébration de la JMZH est d’attirer l’attention des décideurs et la population sur la nécessité de prendre des mesures concrètes visant à sauvegarder et à restaurer les zones humides, berceaux de la diversité biologique. Des différentes interventions, il ressort que dans le monde, plus d’un Milliard de personnes vivent grâce aux Zones humides. Au Mali, plus d’un million de personnes dépendent directement du Delta Intérieur du Niger.
La cérémonie officielle de lancement des activités commémoratives de l’édition 2023 s’est déroulée au Centre de formation pratique forestière « Jean Djigui Keita » de N’Tabacoro. Elle était présidée par le représentant du directeur national des eaux et forêts, le Colonel Major Abdoulaye TAMBOURA ; en présence du Directeur régional pour les pays du Sahel de Wetlands International, le Dr Karounga KEITA ; du directeur des études dudit centre, le Colonel major Bougouna TRAORE ; ainsi que de nombreux étudiants, etc.
Sensibilisation du grand public
La Journée mondiale des zones humides (JMZH) est une journée internationale qui est consacrée chaque année à la sensibilisation du grand public aux zones humides et célèbre l’anniversaire de la signature de la convention de Ramsar en Iran, par 157 pays, le 2 février 1971. Autour de cette date (et parfois pendant un mois), de nombreuses animations sont organisées dans le monde entier.
Elle constitue aussi une tribune pour plaider auprès des décideurs sur la nécessité de prendre des mesures concrètes visant à réduire la destruction des sites érigés en sites Ramsar au Mali.
La Journée mondiale des zones humides (JMZH), qui célèbre l’anniversaire de la signature de la convention de Ramsar en Iran, par 157 pays, le 2 Février 1971, se fonde sur l’importance reconnue des fonctions écologiques fondamentales des zones humides en tant que régulatrices du régime des eaux et en tant qu’habitant d’une flore et d’une faune caractéristiques dont les oiseaux et l’eau.
Dans une présentation qui avait pour thème: «Importance des zones humides, défis, enjeux et nécessité de leur restauration», l’ancien directeur national adjoint des Eaux et forêts, Colonel Major Soumana TIMBO, a rappelé que le Mali a ratifié la convention des zones humides le 25 mai 1987, et est devenu membre le 25 septembre 1987.
4 sites Ramsar au Mali
De sa communication, il ressort que le Mali compte actuellement quatre sites Ramsar couvrant une superficie de 4.204.640 hectares. Il s’agit du Delta Intérieur du Niger (régions de Ségou, Mopti et Tombouctou) ; la vallée du Sourou (Mopti) ; le lac Magui (région de Kayes) et le lac Wégnia (région de Koulikoro).
Par ailleurs, a-t-il fait savoir, le 22 janvier 2019, le Burkina Faso et le Mali ont déclaré la vallée du Sourou comme site Ramsar transfrontalier.
Selon lui, les zones humides contribuent au maintien de la biodiversité et d’écosystèmes vitaux. Ainsi 40% de toutes les espèces végétales et animales vivent ou se reproduisent dans des zones humides. D’une grande richesse naturelle, les zones humides sont indispensables à la vie humaine.
Elles sont essentielles à l’agriculture et à la pêche. Sources d’eau, elles servent aussi de filtres et protègent le littoral. Les zones humides forment les plus grands puits de carbone naturels de la planète.
Des zones en péril
Avec un rythme de disparition trois fois plus élevé que celui des forêts, les zones humides représentent l’écosystème le plus menacé de la planète. Selon les dernières estimations, 35% des zones humides du globe ont disparu depuis les années 1970, principalement sous l’effet d’activités anthropiques, qu’il s’agisse de drainage ou de remblaiement à des fins agricoles, de surexploitation des ressources en eau, de développement urbain ou de pollution.
Pour sa part, le Dr Karouga KEITA a rappelé que son organisation, Wetlands International, est une ONG mondiale scientifique qui a pour mission première la sauvegarde et la restauration des zones humides au profit des personnes et de la nature. Elle opère en tant qu’une organisation en réseau reliant ses forces dans différents pays et régions. Ses quatre stratégies principales sont : la mobilisation de la meilleure expertise disponible et des connaissances ; la conservation et la restauration des principales zones humides, en habilitant les collectivités à prendre des mesures ; et le plaidoyer qui permet d’améliorer les politiques et les pratiques des gouvernements et des entreprises à toutes les échelles.
Par Abdoulaye OUATTARA