Le Groupe de recherche en économie appliquée et théorique (GREAT) a présenté, le vendredi dernier, les résultats de l’enquête Afrobaromètre sur les perceptions des Maliens sur les changements climatiques. Présidée par le coordinateur de la Cellule technique du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté, Mamadou Zibo MAIGA, cette cérémonie de dissémination a enregistré la présence du directeur exécutif de GREAT, le Pr Massa COULIBALY ; du représentant de la Direction nationale de l’Agriculture ; du représentant de l’AEDD et d’autres structures. La présentation a été faite Moussa COULIBALY de GREAT.
Cette enquête du round 9 de Afrobaromètre sur le thème ‘’les perceptions des Maliens sur les changements climatiques’’ s’est déroulée du 6 juin au 14 juillet 2022. Elle a concerné 1200 personnes à travers le territoire national.
En souhaitant la bienvenue aux participants, le président de séance, Mamadou Zibo MAIGA, coordinateur de la Cellule technique du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté, a affirmé que le thème sur les changements climatiques est pertinent dans la mesure où le dérèglement a des conséquences sur les conditions de vie des populations.
De la présentation faite par Moussa COULIBALY, il ressort que beaucoup de Maliens estiment que les sécheresses et les inondations se sont aggravées pendant la dernière décennie. De même, la majorité des citoyens connaissent les changements climatiques.
Parmi ceux qui sont informés du phénomène, de très fortes majorités disent qu’il rend la vie difficile, que les Maliens ordinaires peuvent contribuer à le limiter, et que le gouvernement doit agir maintenant pour contrer ses effets.
En effet, 62% des Maliens affirment que les sécheresses sont devenues plus graves pendant les 10 dernières années. Près de quatre citoyens sur 10, soit 37%, pensent la même chose sur les inondations.
La majorité des Maliens (59%) ont entendu parler des changements climatiques. Parmi ceux qui sont au courant des changements climatiques, 80% affirment que les changements climatiques rendent la vie pire.
Plus des trois quarts trouvent que les citoyens ordinaires peuvent contribuer à limiter les changements climatiques (78%) et que le gouvernement doit agir dès maintenant pour les limiter (89%).
Par ailleurs, une large majorité pense que c’est le gouvernement (57%) et les Maliens ordinaires (24%) sont les premiers responsables dans la lutte contre le phénomène.
Aussi, des majorités estiment que le gouvernement (77%), les pays développés (75%), le commerce et l’industrie (71%) et les citoyens (58%) ont besoin de faire « beaucoup plus » pour limiter les changements climatiques.
Les résultats de l’enquête montrent que les Maliens sont divisés (45% « bonne » contre 45% « mauvaise ») sur l’appréciation de la performance du gouvernement dans la gestion des changements climatiques.
Dans son intervention, le directeur exécutif de GREAT, Massa COULIBALY, a affirmé qu’il était important d’aborder cette question dans la mesure où certains pensent que les changements climatiques ne concernent que les autres.
Selon lui, il est nécessaire d’informer sur la gravité du phénomène, l’impact que cela peut avoir sur la vie des citoyens de tous les jours, les dégâts des changements climatiques et la responsabilité des uns et des autres pour limiter les impacts des changements climatiques.
Le représentant de l’AEDD, Mamoutou KONE, a souligné que ce sont les pêcheurs et les agriculteurs qui peuvent réellement aborder les questions de changements climatiques dans ce genre d’enquête.
Donc pour lui, il était important de bien cibler les parties prenantes. Il a profité de l’occasion pour informer sur les actions de l’État pour d’atténuer les effets des changements climatiques.
«L’État est en train de faire de grandes choses dans le cadre des changements climatiques, mais ensemble nous devons conjuguer les efforts pour plus d’impacts. Beaucoup d’instruments sont au niveau de l’Agence nationale de l’environnement et de développement durable. La politique nationale de protection de l’environnement aborde toutes les conditions de protection de l’environnement», a affirmé M. KONE.
Abondant dans le même sens, Keffa DEMBELE de la Direction nationale de l’agriculture a soutenu que depuis plus de quinze ans, la DNA élabore des projets axés sur les changements climatiques.
PAR MODIBO KONE