Le consortium des faitières de la société civile se prononçant sur l’avant-projet de constitution, le vendredi 9 décembre, a suggéré de plafonner à 70 ans au plus l’âge pour être candidat à la présidentielle. Un point qui pourrait résoudre un vieux débat entre partis politiques à l’absence des adversaires politiques.

Le consortium des faitières de la société civile constitué de la CAFO, de la plateforme des femmes leaders, du Conseil national de la jeunesse du Mali, du Conseil national de la société civile, a animé le vendredi dernier une conférence de presse pour partager le contenu de son mémorandum sur l’avant-projet de constitution.
« Nous voulons d’harmoniser nos positions en vue de former un bloc et de faire entendre et passer la voix de la population », a indiqué le président par intérim du Conseil national de la société civile, Badra Alou SACKO, à l’entame de ses propos expliquant la création dudit consortium.
Selon lui, les autorités ont toujours profité de la divergence des organisations de la société civile sur des questions d’intérêt national pour réaliser ce qu’elles souhaitaient faire.
Ainsi, tirant les leçons de cette situation dont les conséquences pourraient être de remonter une faitière contre une autre, le consortium s’est réuni le 15 novembre dernier sur l’avant-projet de la nouvelle constitution, a rappelé M. SACKO.
« C’est important que le peuple participe à ce processus, à travers la société civile », a expliqué le président par intérim favorable à l’initiative décriée par des acteurs de la classe politique demandant son abandon.
Ainsi, le consortium exhorte au consensus pour pouvoir donner une chance aux autorités d’ouvrir les négociations avec toutes les forces vives et d’aller à la réforme.
Au cours de sa rencontre, le consortium a élaboré son mémorandum sur l’avant-projet de constitution dont le contenu a été exposé par le président Badra Alou SACKO.
Quant au fond de l’avant-projet de texte, le consortium a relevé d’importantes innovations et constaté des insuffisances avant de formuler ses propositions d’amélioration.
Ainsi, le consortium se réjouit de la reconnaissance du rôle de veille citoyenne des organisations de la société civile dans le cadre de la démocratie en son article 40 et celle des légitimités traditionnelles pour un retour à nos valeurs fondamentales, un atout pour l’unité, la cohésion sociale, la prévention et la gestion des conflits communautaires.
Le regroupement des faitières de la société civile a salué également le renforcement de l’alternance politique au niveau de la Présidence de la République qui évitera le retour des anciens présidents après deux mandats.
« La fin de la transhumance politique des élus, car tout député qui démissionne de son parti ou tout conseiller de la nation qui démissionne de son parti ou de l’organisation qu’il représente est déchu de son mandat », a apprécié le consortium.
Cette disposition, plusieurs fois réclamée en vain, réduira très considérablement la ‘’prostitution politique’’ consistant pour un élu de vendre son siège ou son mandat au plus offrant. Cette pratique qui heurte toute valeur démocratique et politique offusquait finalement beaucoup d’acteurs et observateurs parce que devenue si récurrente et banale.
Outre ces points, le consortium craint des conséquences des dispositions de l’avant-projet de constitution soumis aux critiques des forces vives de la nation. Telles : les pouvoirs exorbitants du Président de la République ; le déséquilibre entre les institutions de la République, l’étendue du pouvoir du Président de la République sur les autres pouvoirs surtout sur le pouvoir judiciaire.
« La perte du pouvoir de censure du Gouvernement par le Parlement et celui de dissolution du Parlement par le Président de la République est un consensus politique qui enlève le pouvoir au peuple (tout désaccord amène un blocage politique) », dénonce-t-il dans son mémorandum.
C’est pourquoi le consortium propose l’introduction d’un système de pétition avec 1 000 000 d’électeurs inscrits sur la liste pour enclencher le processus de destitution du Président de la République. Et le regroupement de la société civile suggère de plafonner l’âge pour être candidat à l’élection présidentielle à 70 ans au plus.

PAR SIKU BAH

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