Drame conjugal à Bamako: l’APDF réclame une application ferme des sanctions

Le décès d’une jeune femme, retrouvée morte par balle à son domicile conjugal à Bamako, suscite une vive émotion au Mali et relance avec acuité le débat sur les violences faites aux femmes. 

L’affaire, qui a provoqué une vague de réactions indignées sur les réseaux sociaux, a conduit à l’interpellation du mari de la victime. Face à ce nouveau drame, l’Association pour le progrès et la défense des droits des femmes (APDF) est montée au créneau pour condamner fermement cet acte et réclamer des sanctions exemplaires. 

Pour la présidente nationale de l’APDF, Diawara Bintou COULIBALY, la condamnation de ce crime doit servir d’exemple afin d’enrayer l’impunité : 

« L’acte, quand même, a été commis et nous le condamnons. Nous souhaitons que la personne soit condamnée, parce que ce sont des exemples que nous ne devons pas encourager », a-t-elle déclaré. 

Mme Coulibaly souligne que la sensibilisation seule ne suffit plus pour enrayer ce phénomène. Selon elle, les textes existent, mais c’est leur mise en œuvre effective qui fait défaut : « Il y a des sanctions, mais c’est leur application qui pose problème. Nous demandons aux autorités d’appliquer les sanctions nécessaires pour qu’on puisse arrêter ces violences », insiste-t-elle. 

Selon les données de l’APDF, le cas de cette jeune femme s’inscrit dans une série tragique : huit à neuf femmes auraient déjà perdu la vie dans des conditions similaires au Mali. 

Alors que l’arrestation du conjoint suscite de fervents débats au sein de l’opinion publique, le juriste Ibrahim Khalid Touré rappelle les principes fondamentaux du droit. Il souligne que toute personne soupçonnée ou accusée continue de bénéficier de la présomption d’innocence tant qu’une condamnation définitive n’a pas été prononcée. 

« Une personne accusée ou suspecte peut jouir de la présomption d’innocence tant qu’il n’y a pas de condamnation définitive », précise l’expert juridique. 

Le juriste rappelle également que la découverte d’une arme sur le lieu du crime ou le placement du suspect sous mandat de dépôt ne valent pas déclaration de culpabilité. Il appartient exclusivement à l’institution judiciaire d’examiner minutieusement les éléments de l’enquête pour établir formellement les responsabilités. 

Ce drame ravive une nouvelle fois les vives inquiétudes au Mali face à la persistance des violences conjugales et mortelles envers les femmes.

Par A. OUATTARA