Sommet Afrique-Russie: Assimi GOÏTA attendu

Le 3e Sommet Russie-Afrique se tiendra les 28 et 29 octobre 2026 à Moscou, sous le thème « Ensemble, développons une coopération mutuellement avantageuse ». L’événement, confirmé par le ministère russe des Affaires étrangères, doit réunir au Kremlin, fin octobre, à l’invitation de Vladimir POUTINE, plus de trente États africains, selon le diplomate Anatoli BACHKINE.

Pour notre pays, l’acteur central sera le président de la Transition, le général d’armée Assimi GOÏTA. L’annonce n’est pas venue de Moscou, mais de Bamako. Lors de la Journée de la Russie, célébrée ce lundi 12 octobre 2026, l’ambassadeur Igor GROMYKO a présenté l’agenda bilatéral devant le ministre Mossa Ag ATTAHER : commission intergouvernementale à Kazan en mai, réunion Russie-AES en juillet, puis sommet en octobre. La phrase qui fait l’actualité : le général d’armée Assimi GOÏTA a déjà confirmé sa participation personnelle.

Le sommet intervient à un moment charnière pour notre pays. Le 6 octobre, les FAMa, appuyées par leurs partenaires russes dans la lutte contre le terrorisme, ont repris Kidal après cinq mois de perte, sans combat direct, à la suite du retrait du FLA. Cette reprise symbolique survient deux mois après un entretien téléphonique direct entre POUTINE et Assimi GOÏTA, à l’initiative de notre pays, selon le Kremlin, pour coordonner la stabilité au Sahel.

La séquence se déroule par étapes maîtrisées. D’abord, la validation au Mali, puis la confirmation à TASS par Mamadou Satigui DIAKITÉ, président du Haut Conseil des Collectivités et chef de la délégation malienne au SPIEF : le président de la Transition conduira lui-même la délégation de notre pays. Ce sera sa deuxième participation, après Saint-Pétersbourg en juillet 2023. Le format prévoit un sommet politique et un forum économique et humanitaire, avec des dossiers lourds : sécurité, énergie nucléaire pacifique, prospection géologique, logistique et projets humanitaires.

Pour les Maliens, les avantages sont stratégiques. Sur le plan sécuritaire, Moscou reste notre principal fournisseur en capacités aériennes et en renseignement face aux groupes armés terroristes. Sur le plan économique, après les sanctions, notre pays cherche des alternatives, et la Russie propose énergie, engrais et logistique. Sur le plan diplomatique, participer personnellement, c’est exister hors du cadre ouest-africain et peser au sein de l’AES.

Aussi, ce sommet ne sera pas une simple photo. Si notre pays obtient des engagements concrets sur la formation, la maintenance et l’investissement minier transparent, il transformera la reprise de Kidal en présence durable. Pour Moscou, faire venir le général d’armée Assimi GOÏTA démontre que son partenariat africain résiste. Pour le Mali, c’est monnayer sa position de pivot sahélien contre des projets structurants. Une alliance de raison qui se jouera fin octobre à Moscou.

Par Sikou BAH