Le Conseil national de Transition (CNT) a ouvert ce lundi sa session ordinaire d’octobre, dite session budgétaire. Au cœur des travaux : l’examen du projet de loi de finances 2027, dont les recettes prévisionnelles s’élèvent à 3 866,635 milliards de francs CFA, ainsi que l’examen de plus d’une trentaine d’autres textes.
Le Conseil national de Transition (CNT) a ouvert, ce lundi 5 octobre, sa session ordinaire d’octobre, communément appelée session budgétaire. Au cœur de cette session de 75 jours figure l’examen du projet de loi de finances 2027, adopté le 18 septembre dernier en Conseil des ministres.
La cérémonie s’est déroulée en présence du chef du gouvernement, Abdoulaye MAÏGA, de représentants de missions diplomatiques accréditées au Mali et de présidents d’institutions.
S’exprimant à l’occasion, le président Malick DIAW a rappelé que la présente session, connue sous le vocable de session ordinaire d’octobre ou encore de session budgétaire, revêt un caractère tout particulier, car elle entend se prononcer sur le budget 2027 de notre pays.
En effet, lors de son conseil des ministres du 18 septembre 2026, le gouvernement a adopté la loi de finances 2027, dont les recettes budgétaires s’établissent à 3 866,635 milliards de francs CFA, contre 3 372,895 milliards de francs CFA, soit une progression de 493,740 milliards de francs CFA, correspondant à une hausse de 14,64%.
« C’est le moment où les chiffres deviennent des choix, les choix deviennent des engagements et chaque engagement devient une obligation », a déclaré Malick DIAW.
Rappelant le contexte exigeant de notre pays, en proie à l’insécurité alimentée par le terrorisme, le président DIAW a souhaité que les travaux du CNT aboutissent à « un budget équilibré et flexible qui prenne en compte les aspirations profondes de nos populations, dans le strict respect des principes qui guident l’action publique ».
Pour lui, un budget n’est pas un empilement de chiffres. En effet, insiste-t-il, « chaque ligne de la loi de finances est une promesse faite au peuple malien : une salle de classe qui ouvre ses portes, un centre de santé qui reçoit des médicaments et des équipements adaptés, un forage qui donne de l’eau à un village, une route qui désenclave un cercle, la prise en charge d’un soldat qui défend la patrie ».
Par ailleurs, dans le cadre de cet exercice démocratique, il a invité le gouvernement à transmettre les documents budgétaires et leurs annexes dans les délais.
Se tenant alors que les pages de la crise énergétique et celle des hydrocarbures se tournent, le président Malick DIAW a profité de l’événement pour saluer la résilience de la population, en indiquant que l’approvisionnement du pays est revenu presque à la normale et que la fourniture en électricité s’est considérablement améliorée. Très bientôt, la crise énergétique, a-t-il souligné, ne sera qu’un triste souvenir.
« Notre pays, bien qu’éprouvé, refuse de se résigner ; notre nation, bien que meurtrie, refuse de plier ; et notre Confédération, bien que naissante, refuse également de reculer », a-t-il affirmé.
Abordant le processus de paix et de réconciliation, à l’image du président de la Transition, il s’est dit ouvert au dialogue.
« D’une main, il (Assimi GOÏTA) invite à la paix, au dialogue et à la réconciliation avec toutes les filles et tous les fils du Maliba qui veulent bâtir le pays […] Et de l’autre main, il a tenu ferme le drapeau, signe de l’intégrité du territoire, de l’unité nationale et de la prospérité. La main tendue et la fermeté ne s’opposent guère… Au contraire, elles sont les deux faces d’une même volonté : rassembler, sans jamais rien céder sur ce qui fait la grandeur d’un pays », a-t-il déclaré.
Sur la situation sécuritaire, il a déclaré que cette guerre a été imposée à son pays, qui ne l’a pas déclaré et ne l’a pas voulu non plus. Cependant, il reste convaincu : « Nous en sortirons vainqueurs, plaise à DIEU, car l’histoire nous enseigne que les peuples du Sahel ont traversé bien des épreuves sans jamais renoncer à leur dignité. »
Outre le projet de loi de finances, plus d’une trentaine de textes sont inscrits à l’ordre du jour, dont la seconde délibération de lois organiques relatives à la Cour constitutionnelle, à la Cour suprême, à la Cour des comptes, au Conseil supérieur de la Magistrature et aux langues nationales.
PAR SIKOU BAH