Face au regain de l’insécurité dans leur zone, marqué cette semaine par l’enlèvement de deux cars avec leurs passagers, les populations de Bankass sont sorties de leur silence pour interpeller les autorités compétentes. Après une réunion tenue à la mairie de Bankass, le mercredi 17 avril, il a été décidé de déclencher la désobéissance civile en barricadant les entrées et les sorties de la ville. Aussi, la population de Bankass a décidé de ne pas prendre part à la phase régionale du dialogue inter maliens.

Pour manifester leur ras-le-bol face à l’insécurité, les populations de Bankass ont barricadé, hier jeudi 18 avril 2024, la Route nationale N°15. A travers cette action de désobéissance civile, la population exige une réaction rapide et efficace de la part des autorités pour juguler l’insécurité. Ainsi, durant la journée d’hier jeudi les véhicules ont été empêchés de rentrer ou de sortir de la ville.
Rappelons que le mardi 16 avril 2024, vers 12 h 30, deux bus de transport en commun avec leurs passagers ont été enlevés sur la route de Bankass par des hommes armés.
Selon nos sources, un car et certains de ses passagers ont été par la suite libérés.
Le président de la jeunesse de Bankass, Mamoutou GUINDO, a expliqué qu’après l’enlèvement des cars, une réunion avait été organisée à la mairie de Bankass, le 17 avril. Il a déploré que ce ne soit pas la première fois que des cars et des passagers soient enlevés sur la route de Bankass.
« La crise sécuritaire prend de plus en plus de l’ampleur, c’est pourquoi un appel a été lancé à toute la population de Bankass pour réfléchir ensemble sur ce qui peut être fait de façon concrète et dans un bref délai. Aussi, il s’agissait d’interpeller les autorités compétentes. Nous avons décidé de ne pas participer au dialogue inter maliens, qui se tient au moment où l’insécurité frappe de plein fouet la population de Bankass. De même, il a été décidé de barricader la route principale pour que personne ne rentre et personne ne sort. Le blocus restera en vigueur jusqu’à la satisfaction de nos doléances », a détaillé le président de la jeunesse.
Mamoutou GUINDO a appelé la population à rester mobiliser et à être à l’écoute. Il a précisé que l’objectif n’est pas la violence, mais d’exiger la sécurisation des personnes et de leurs biens.
Un manifestant a déclaré qu’il était impossible de quitter Bankass pour se rendre à Bandiagara ou à Mopti et à plus forte raison à Bamako. Selon ses témoignages, les véhicules sont fréquemment enlevés par les hommes armés.
« Il y a plus d’une année, un véhicule et ses occupants ont été enlevés et on n’a toujours pas de nouvelle. La population attend toujours la mise en exécution des promesses du gouvernement. Face au silence des autorités, la population a décidé d’aller à la désobéissance civile jusqu’à nouvel ordre. Nous voulons des explications de la part du gouvernement », a-t-il lancé.
En tout cas, les populations se disent prêtes à mourir pour que la sécurité revienne à Bankass.
«Les populations sont enlevées et rien de concret n’est fait pour mettre fin à la situation. Nous voulons savoir si Bankass ne fait pas partie du Mali et ce que nous avons fait pour mériter cette situation », s’est insurgé un manifestant.
En effet, à l’issue de la réunion à la mairie de Bankass, les populations ont exigé l’installation d’un camp militaire entre Parou et Songobia. Une promesse faite par les autorités depuis quatre ans maintenant.
Aussi, réclament-elles des patrouilles mixtes d’envergure afin de ratisser toute la zone allant des communes de Pignari, Bara sara, Timiliri, Segué jusqu’au cercle de Koro.

PAR MODIBO KONÉ

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