Près de douze ans après la tragédie qui a coûté la vie à 116 personnes dans le nord du Mali, un tribunal parisien a rendu son verdict ce lundi. La compagnie aérienne espagnole Swiftair a été reconnue coupable d’homicide involontaire.

Pour les proches des victimes, ce jugement marque la fin d’une très longue attente. « C’est un soulagement d’avoir enfin un verdict après 4 409 jours d’attente pour les familles des victimes », a témoigné auprès de la BBC Sandrine Tricot, qui a perdu son mari, Frédéric Tricot, dans l’accident.

Le tribunal français a infligé à la compagnie aérienne l’amende maximale, fixée à 225 000 euros (environ 147,6 millions de francs CFA, 256 000 dollars ou 193 000 livres sterling).

En outre, Swiftair devra prendre en charge les frais de justice, qui pourraient dépasser le montant de l’amende. De son côté, la défense de Swiftair a rejeté l’enquête française, qualifiant la procédure de « travail bâclé », et dispose de 10 jours pour faire appel.

Le 24 juillet 2014, le McDonnell Douglas MD-83, appartenant à Swiftair et loué, avec son équipage, à Air Algérie, s’était écrasé dans le nord du Mali alors qu’il reliait Ouagadougou (Burkina Faso) à Alger (Algérie).

Le vol transportait 116 personnes, parmi lesquelles 54 citoyens français, 23 ressortissants burkinabés, ainsi que des passagers libanais, algériens, maliens et six membres d’équipage espagnols.

L’appareil traversait alors une violente tempête dans la région semi-aride du Sahel. Selon les enquêteurs, le système de givrage n’avait pas été activé, entraînant la formation de cristaux de glace sur les capteurs de pression. Cette défaillance a provoqué une réduction automatique de la puissance du moteur, menant à l’accident. Le tribunal a estimé que la « négligence » dans la formation du personnel par Swiftair avait « certainement contribué à l’accident ».

S’exprimant à la sortie du tribunal, après quatre semaines de procès, Nathalie Police, qui a perdu son père Didier, 65 ans, et son demi-frère Nicolas, 18 ans, a salué le jugement aux côtés de Sandrine Tricot.

« L’argent n’a jamais été l’objectif final. Nous sommes soulagés que justice ait enfin été rendue », a insisté Sandrine Tricot, rappelant qu’« aucune somme d’argent ne pourrait nous ramener nos proches ».

Elle a également exprimé l’espoir que cette décision apporte un peu de paix aux familles en Algérie et au Burkina Faso, soulignant que cette condamnation constitue « une étape importante vers la reconnaissance de la responsabilité pénale dans cette catastrophe ».

Par Abdoulaye OUATTARA

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