La Commission interministérielle de régulation de l’Exploitation Minière Artisanale et à Petite Échelle (EMAPE) a organisé, ce mardi 6 octobre, une journée d’information et de sensibilisation destinée aux professionnels des médias. L’objectif est de mobiliser la presse autour de la lutte contre la pratique du dragage dans les lits et cours d’eau, formellement interdite par la législation du pays.

Onze représentants des organisations faîtières de la presse privée et publique ont pris part aux travaux, tenus au siège du Comité Indépendant de Suivi-Évaluation de la mise en œuvre des Recommandations des Assises Nationales de la Refondation (CINSERE-ANR). La rencontre s’est déroulée sous l’égide du président de la Commission, M. Aly N’Dji DIARRA, Chargé de Mission au CCAM.

La commission, constituée de plusieurs départements ministériels, est chargée de doter le Mali d’un dispositif unique de veille, d’alerte et de coordination permettant d’aborder l’EMAPE dans toutes ses dimensions de manière cohérente et intégrée.

En initiant cette journée, la commission, selon son président, entend informer et sensibiliser les professionnels des médias sur les enjeux liés au dragage, notamment le cadre juridique, ses impacts sur les cours d’eau, les ressources en eau, l’environnement, la santé et les activités des communautés rurales.

En effet, si l’EMAPE représente un levier économique important pour des centaines de milliers de Maliens, le développement de ses activités informelles, notamment le dragage, engendre de graves risques environnementaux, sanitaires, sociaux, économiques et sécuritaires.

« Les cours d’eau constituent un patrimoine essentiel pour nos populations, notre agriculture, notre environnement et notre avenir. Les préserver est donc une responsabilité collective. Je vous invite à contribuer, à travers vos organes, à porter ces messages : sauvons nos cours d’eau, notre avenir en dépend », a-t-il exhorté.

Au-delà des impacts environnementaux et sanitaires, il s’agit d’informer les journalistes sur les activités engagées par l’État pour lutter contre cette pratique, interdite par le code minier et de nombreux autres dispositifs. Malgré l’existence de ces textes, cette pratique perdure, a déclaré Ibrahima BERTHE, représentant du ministère de la Justice au sein de la Commission.

Or, soutient-il, elle est un fléau qui détruit les cours d’eau et devient un problème de santé. Face à ces conséquences, a-t-il sollicité : « Chacun doit jouer un rôle afin que ce fléau soit arrêté et qu’il soit mis fin à la destruction de nos cours d’eau. »

Dans le cadre de l’atteinte de ses objectifs, la commission travaille à « mettre tous les acteurs ensemble afin que les textes en vigueur soient mieux appliqués ». À chaque fois que les acteurs agissent chacun de leur côté, les actions ne parviennent pas à mettre fin à ces pratiques, a déploré M. BERTHE, qui rappelle que, dans certaines contrées, des résultats ont été obtenus grâce à la synergie.

À l’issue de cette journée, la Commission ambitionne de mettre en place un mécanisme pérenne de collaboration et de veille avec les médias, afin d’assurer une communication continue et responsable au service de la protection des ressources naturelles.

Une série d’activités de sensibilisation et d’information est attendue dans les prochains jours, dans le cadre des initiatives des autorités visant à mettre fin à ces pratiques.

PAR SIKOU BAH

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