Des transformations ; les Maliens doivent s’y attendre cette année. L’une des innovations est certainement de produire des permis de conduire biométrique qui seront délivrés sous la forme d’une carte bancaire. Cette nouvelle carte contiendra une puce électronique qui permettra de stocker des informations sur le conducteur, telles que son état civil, sa date de délivrance, sa catégorie de permis, etc.

L’annonce a été faite par le ministre des Transports, DEMBÉLÉ Madina SISSOKO, lors de son passage dans l’émission Mali Kura Taasira 2 diffusée sur l’ORTM. Une bonne nouvelle dans le cadre de la transparence et la sécurité, mais l’initiative a plus de chance de réussir qu’avec le RAVEC.
Mais, la priorité c’est d’avoir des documents administratifs accessibles avant d’entamer ce projet au risque de s’engager dans une voie sans issue.

Elle a expliqué que cette réforme vise à améliorer la sécurité routière et à faciliter les contrôles des forces de l’ordre. La nouvelle carte de permis de conduire sera plus difficile à falsifier que celui en vigueur qui requiert peu de garantie fiabilité. La puce électronique permettra également aux forces de l’ordre de vérifier rapidement et facilement les informations du conducteur, telles que sa date de validité, sa catégorie de permis et son état civil.
La nouvelle annoncée par le ministre des transports est diversement appréciée dans la capitale malienne. Les gens sont divisés entre son importance, l’avantage et les retombées économiques pour l’État. Certains Bamakois pensent que le permis de conduire biométrique n’était pas nécessaire, d’autres trouvent que techniquement ce n’était pas possible sans le concours du CTDEC. Chacun y va de son commentaire.
« Cette initiative vise à améliorer l’efficacité, à réduire la fraude et à offrir des avantages économiques est une très bonne chose, nous encourageons les autorités dans ce sens. Afin de mettre de l’ordre dans ce désordre », indiquent des Maliens.
Loin de l’avis de cet inspecteur de finance qui estime que les Maliens moyens doivent poser le problème autrement.
« On dirait que les autorités ne communiquent pas entre elles, nous n’avons même pas la simple carte d’identité dans les commissariats, on est venu avec la carté biométrique sécurisée, on a des problèmes pour avoir cette carte aussi, qui doit être faite pour tous les maliens. Comme si tout cela ne suffisait pas on nous parle de permis biométrique. Franchement que nos autorités coordonnent leurs activités d’abord », a affirmé l’inspecteur de finance.
Lassana Fofana est tailleur au grand marché où de nombreuses personnes disent n’avoir encore eu leurs cartes biométriques sécurisées. Pour elles, la priorité, ce sont les cartes biométriques avant le permis de conduire.
« On a besoin des cartes biométriques sécurisées d’abord, je pense que sont nombreux les Maliens à ne pas disposer encore de leur pièce d’identité. Les deux ministres qui se battent pour ça doivent être encouragés, mais leur histoire de permis de conduire biométrique doit attendre qu’on ait nos bases de données au Mali d’abord. Ce combat étant court, je ne pense pas qu’on a des bases de données pour les réaliser. En profane je me dis que le permis de conduire biométrique doit au moins attendre », a déclaré Djigui YAFFA commerçant.
Loin des bruits des Maliens, qui d’ailleurs doivent aller retirer leur carte d’identité biométrique sécurisée, dont plusieurs sont entassés dans les lieux de distribution. Des spécialistes de la biométrie nous informent que toute biométrie tire sa substance dans une base de données nationale. C’est pour cela que plusieurs départements ministériels avaient voulu faire des actes biométriques en solo, ça ne peut pas se faire sans la base des données nationales.
Selon cet informaticien, dans tous les pays où il y a des cartes biométriques pour les actions ou des travaux de confection de carte professionnelle, permis et d’autres documents administratifs, il faut se référer à la base des données. C’est pour cela que l’État a créé le CTDEC, une structure qui doit être renforcée et dotée de moyens pour une meilleure sécurisation des données d’état civil du pays. Comme pour dire que les actions isolées d’établissement de carte ne seront pas possibles.

PAR SIKOU BAH

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