Se targuant d’être parmi les figures de proue de la révolution pour l’avènement de la démocratie dans notre pays, les récentes positions de Me Mountaga TALL ne cessent de salir cette réputation jalousement gardée. Après avoir mené la horde contre un régime démocratiquement élu, Me TALL vient à nouveau de cautionner un autre coup contre les principes démocratiques en s’associant à la déclaration de la dissidence du M5-RFP qui prend « acte du décret de suspension des activités des partis politiques… ».
Au moins pour la mémoire de ceux qui ont été tués, Me TALL ne devrait pas avaliser ce document de complaisance face à une violation grave de certains droits constitutionnels. Ou bien a-t-il troqué ses convictions ?

Près d’une semaine après la décision du gouvernement de suspendre les activités des partis politiques et des activités à caractère politique des associations, la tendance du M5-RFP dirigée par l’imam Oumarou DIARRA a rendu public ce mardi 16 avril un communiqué laconique dans lequel elle affiche une position ambiguë. Ce, contrairement à une frange importante de la classe politique, malgré leur soutien ou pas aux actions de la transition.
Dans son communiqué, la dissidence du M5-RFP constituée de partis politiques et des associations à caractère politique dit prendre « acte du décret de suspension des activités des partis politiques…» alors que la mesure est qualifiée de « liberticide » par beaucoup d’organisations.
Le M5 dirigé par l’imam DIARRA invite «les hautes Autorités de la Transition, la classe politique et la Société Civile à privilégier le dialogue, la concertation et le compromis pour toutes les grandes questions d’intérêt national et, en particulier, la délicate question de la mesure de suspension sus citée ».
Comme d’habitude, il y aura toujours ceux qui, en défendant leurs intérêts, brisent la chaîne de solidarité entre les acteurs politiques.
À cet effet, alors que des acteurs politiques s’indignent, y compris des soutiens de la transition, le M5-RFP miaule dans son communiqué en affichant une indifférence totale face à cette mesure. Le plus écœurant est que le message est partagé par le président du CNID, Mountaga TALL, sur les réseaux sociaux, l’une des figures importantes de l’avènement de la démocratie arrachée au prix d’ultime sacrifice pour le multipartisme, la liberté d’association, de réunion, entre autres.
Pire, il s’est associé à ce communiqué dans lequel ils ont manqué, au moins, du courage de rejeter la décision du gouvernement comme l’a fait par exemple l’URD. Pour autant, ce parti est un soutien de la transition. Tout en critiquant la décision de suspension des activités des partis politiques, l’URD a appelé ses militants à participer au dialogue inter-maliens dont les phases communales ont pris fin le lundi dernier.
Depuis 2020, Me TALL semble perdre ses fermes convictions pour le respect des valeurs et des principes démocratiques. D’abord, il a ligué avec d’autres forces pour mener un coup d’État contre un régime démocratique.
Ensuite, il vient de cautionner la suspension des activités des partis politiques par le gouvernement dans un communiqué signé par un clan du M5-RFP dont son parti est membre. C’est inimaginable de croire que le parti CNID puisse garder l’omerta face à ces actions de nature à restreindre les libertés. Hélas, c’est fait. Aucun combat, aucun intérêt ne saurait, à notre avis, justifier cette prise de position de Me TALL qui, à l’image de certains responsables politiques, devait rester comme une sentinelle, en toute occasion, pour au moins honorer la mémoire de ceux qui ont perdu à la vie parce qu’ils croyaient en la justesse de la révolution de mars 1991.

PAR SIKOU BAH

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