Plus de 72 heures après la déclaration du gouvernement mettant fin avec effet immédiat à l’accord pour la paix et la réconciliation nationale, aucune formation politique, en tout cas jusqu’au moment où nous mettions sous presse cette édition, n’a pipé un mot. Nos hommes politiques brillent par le silence assourdissant face à cette décision majeure du gouvernement. En tout cas, leurs réactions sont attendues par les Maliens, il ne serait-ce que pour saluer ou pour condamner la décision.

Le gouvernement de la transition a officiellement mis fin à l’Accord d’Alger qui peine à être appliqué à cause de multiples violations. Pour autant, en 2015 la signature de cet accord était annoncée comme une nouvelle ère pour le retour de la paix et de la réconciliation nationale.
Cette décision prise dans la nuit du jeudi, en ouvrant la voie au dialogue inter-Maliens, n’a jusqu’à ce jour pas fait réagir aucune formation politique. En tout cas, à notre connaissance. Tout se passe dans une omerta totale sur un sujet aussi important et décisif pour la stabilité de notre pays secoué par une décennie de crise sécuritaire. Peu de partis politiques osent émettre des critiques sur la gestion de la transition alors que le pays est confronté à une crise énergétique inédite, accentuée par la cherté de la vie. A ces problèmes vient s’ajouter la fin de l’accord.
Le refus des partis politiques de commenter cette décision, de partager leur analyse sur la situation en se murant entre les quatre murs est illustratif de leur fuite de responsabilité, mais aussi de la négation de leur rôle de veille, d’alerte des autorités et des décideurs.
En optant pour ce silence assourdissant, les partis politiques se contentent de fermer les yeux sur un sujet dont l’enjeu se mesure à l’accalmie dans le pays où la population aspire à la paix. De par leur silence, ils deviennent complices de ce qui passe, même s’ils y sont opposés. Ne dit-on pas que qui ne dit mot consent ?
Ce silence est aussi valable au sein des états-majors des partis politiques et des mouvements politiques qui ont combattu l’ancien régime. Tout le monde semble se contenter de la déclaration lue à la télévision par le ministre d’Etat, porte-parole du gouvernement annonçant la fin de l’Accord d’Alger.
L’on n’a l’impression de la présence de l’épée de Damoclès qui plane sur les formations et mouvements politiques et qui les réduit au silence.
Cette posture étrange doit interpeller les autorités de la transition qui doivent se convaincre que les voix discordantes sont essentielles à l’équilibre des idées et à la promotion de=u vivre ensemble malgré les divergences d’opinions et d’approche au moment où le pays est engagé dans un dialogue inter-Maliens. Comme dit un proverbe « De la discussion jaillit la lumière ».
Le régime ne pourrait atteindre les objectifs de ce processus tant qu’une partie des forces vives de la nation a la peur au ventre et évite de s’exprimer ou de partager son opinion.
En clair, la transition doit créer les conditions de confiance et de sérénité permettant à tous les Maliens de faire des propositions comme il se doit afin de tourner définitivement le cycle de rébellion dans le pays.
Certes, le pays est en transition politique, mais est régi par une nouvelle Constitution consacrant la 4e République et qui garantit certaines libertés collectives et individuelles.

PAR SIKOU BAH

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