Annoncé par le président du comité de pilotage, Issoufi MAIGA, pour être une rencontre inédite, le Dialogue inter-Malien, aux termes de ses cinq jours de débats, d’échanges et de plénières, ne permet pas encore d’envisager l’avenir de la réconciliation nationale après des années de guerre fratricide. Laissant croire que l’’éléphant annoncé est arrivé avec un pied cassé.

Les rideaux sont tombés sur le dialogue inter-Maliens (DIM) initié par le président de la transition, Assimi GOÏTA, en vue d’expérimenter le dialogue direct entre les Maliens, sans subordination à une puissance étrangère. L’initiative a suscité l’espoir chez les Maliens désemparés qui attendent depuis 2015 les dividendes de la paix après la signature de l’Accord d’Alger dénoncé par le gouvernement de la transition. Au motif qu’après 8 ans de mise en œuvre, ce document a montré ses limites de parvenir à une paix dans le pays. Une chance de rétablir la confiance avec les groupes armés et les leaders terroristes maliens comme Kouffa et Iyad.
En annonçant les couleurs d’une rencontre majeure, l’ancien Premier ministre et président du comité pilotage lors de l’atelier de validation des TDR, invitait les Maliens à participer « à cet évènement inédit, qui ne sera pas un événement de trop » en soulignant que certains de ses compatriotes, à tort ou à raison, pensent qu’il ne s’agira que d’une nouvelle version de plus avec toujours les mêmes visages.
Aux termes des cinq jours de rencontre, Issoufi MAIGA devrait donner raison à ceux qui doutaient de la réussite du dialogue. De par les thématiques débattues et les recommandations, le DIM a tout l’air des Assises nationales de la refondation bis.
A l’analyse des conclusions, c’est le décor qui a changé et d’initiateur, rien de nouveau sous le soleil en termes de résolutions en faveur de la paix et de la réconciliation nationale.
Sanctionné par 300 recommandations, aucune d’elle ne permet, à ce jour, d’avancer sur le chantier de la paix et de la réconciliation nationale. Parce que l’ouverture du dialogue avec les groupes armés et les terroristes maliens avait été recommandée depuis la conférence d’Entente nationale en 2017. Pire, le dialogue inter-maliens qui devrait être le cadre idéal pour discuter avec ces individus recommande un autre dialogue. Ironie du sort, le dialogue de l’espoir propose un autre dialogue. Inutile alors de souligner que c’est l’un des échecs du DIM. De la phase communale à la phase nationale, les autorités n’ont réussi à ramener aucun des groupes armés autour de la table de discussion. A l’absence de ces acteurs, le débat a été monotone, même si pour le président de la transition, la porte reste ouverte pour ceux qui ont boycotté la rencontre.
En clair, la montagne a accouché d’une souris.
En revanche, la vedette du dialogue a été volée par des sujets qui n’étaient même pas à l’ordre du jour répartis en 5 thématiques. Il s’agit de : paix, réconciliation nationale et cohésion sociale ; des questions politiques et institutionnelles ; des questions économiques et développement durable ; des aspects sécuritaires et défense du territoire ; des questions géopolitiques et environnement internationale.
La prorogation de la durée de la transition, la relecture de la charte de la transition, l’élévation des colonels au grade du général qui se sont invités dans les débats laissent imaginer qu’en dessous du dialogue inter-maliens, il s’agissait de légitimer la prorogation de la transition.
Mais aussi, de rendre possible la candidature Assimi GOITA déjà verrouillée dans la charte de la transition. Comme lors des Assises nationales de la refondation, ces recommandations seraient brandies pour justifier notamment toute modification de la charte de la transition. Et le refrain est bien connu : c’est le peuple qui a décidé.

PAR SIKOU BAH

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