Ce n’est un secret pour personne que la guerre contre le terrorisme à laquelle fait face notre armée n’est pas seulement militaire, elle est aussi communicationnelle. Le cas du faux charnier de Gossi en mai 2022, où la France a mis en scène des corps enfouis dans le sable pour accuser les instructeurs russes en est une parfaite illustration. Conscient du fait que les fakes-news et autres formes de désinformations sont devenus des armes de guerre par ces temps qui courent, deux membres du gouvernement étaient, le mardi 26 septembre 2023 à l’école de la paix, pour échanger avec les hommes de média sur les attentes du gouvernement vis-à-vis de la presse. Mais il se trouve que le président de la transition, le Colonel Assimi GOITA, avait déjà lancé le même appel lors de son discours à l’occasion du 22 septembre. Donc une réaction infra petita des membres du gouvernement.

Cette rencontre qui s’est tenue au lendemain de la mise en garde du président de la transition aux hommes de médias, notamment les usagers des réseaux sociaux, dans son adresse à la nation à la faveur de la fête de l’indépendance, était une occasion pour les membres du gouvernement de transmettre ce message de fermeté du président Assimi aux acteurs du secteur.
Depuis 2012, le Mali fait face à une crise multiforme caractérisée surtout par un conflit armé meurtrier. Outre la guerre armée, le pays fait face aussi à celle de la communication.
Au regard de cette situation, le ministre de la Communication a exhorté les hommes de médias à faire vibrer leur fibre patriotique pour soutenir le pays à rester debout.
«Le gouvernement compte sur un travail de qualité dans un élan patriotique en ces temps de guerre imposée au Mali pour des raisons géostratégiques», a déclaré le ministre Alhamdou Ag Ilyène, ministre en charge de la Communication.
Dans ce cadre, il a appelé les soldats de la plume et du micro, dans leur communication, à s’appesantir sur quatre axes à savoir : cultiver et rehausser le niveau de patriotisme au sein du peuple ; développer une résilience chez le peuple ; motiver les Forces armées et de sécurité à faire correctement face à leurs missions et contrer la campagne d’intoxication orchestrée contre le gouvernement.
Dans sa plaidoirie, il a appelé au respect des codes d’éthique et de déontologique de la profession, avant d’insister sur la nécessité, par les temps qui courent, du jugement personnel des hommes de médias, qui doit les pousser à s’interroger sur la portée d’une information à diffuser aussi pertinente soit-elle.
«Les hommes de médias doivent se rappeler que la liberté de presse dont chacun se prévaut s’exerce et se revendique vis-à-vis d’un pays qui tient debout », a-t-il tranché.
De son côté, Gaoussou COULIBALY, président de la HAC, estime que les gens doivent sortir de l’idéologisme journalistique pour contribuer à sauver la patrie en ces temps de guerre.
En d’autres temps, cette démarche des représentants de l’État teintée de pédagogie pouvait suffire à dissuader ces ennemis de la paix tapis dans l’ombre, pardon sur les réseaux sociaux.
Mais à l’état actuel des choses, il en faut plus pour obliger ces chasseurs de buzz, pardon, de sensationnels à avoir un comportement responsable.
« Nous sommes en guerre, et tous ceux qui ont le sang malien dans les veines doivent se comporter en conséquence», a rappelé le président Assimi à ceux qui, au nom d’un prétendu principe de neutralité du journaliste face aux faits, publient des informations qui portent préjudice à l’armée et à la paix sociale.
Voilà pourquoi, autant il salue les journalistes « qui motivent à leur manière les Forces de défense et de sécurité en les encourageant à la défense de la patrie » ; autant il demande à «ceux dont le travail consiste à faire peur à la population, à angoisser et à attrister les Maliens, à balancer les images alarmantes pour faire douter et apeurer les gens, d’arrêter.
Pour lui, les FAMa doivent être épargnées, s’ils ne méritent pas d’encouragements de leur part.
«J’invite ceux dont le travail consiste à faire peur à la population, à angoisser et à attrister les Maliens, à balancer les images alarmantes pour faire douter et apeurer les gens, d’arrêter ce travail de subversion», a-t-il été clair dans son adresse.
En termes clairs, tout journaliste, tout acteur des réseaux sociaux qui se rend coupable de légèreté s’expose à la rigueur de la loi.
En tout état de cause, sous d’autres cieux, on n’hésite pas à envoyer au front les auteurs d’une information qui s’avère erronée sur l’armée.

Par Abdoulaye OUATTARA

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