Dans une lettre circulaire adressée à tous les ministres et à tous les gouverneurs des régions, datant du 17 janvier, le ministre du Travail et de la fonction publique hausse le ton contre l’absentéisme dans les services devenu un phénomène qui cause de véritables ennuis à l’Etat et aux usagers. Un phénomène assimilable à l’école buissonnière. Sans joindre l’acte à la parole, la réaction du ministre Fassoum COULIBALY ne sera qu’un coup de gueule sans effet. En tout cas, cette lettre circulaire nous fait penser aux autorités précédentes qui ont essayé de combattre la pratique, sans succès, car n’ayant pas été suivies par des sanctions exemplaires. Les différentes décisions sans mesures rigoureuses contre les fonctionnaires ‘’chômeurs’’ ou ‘’ déserteurs’’ ont toujours été comme un coup d’épée dans l’eau. Comme dirait l’autre, le chien aboie, la caravane passe.

« Les mauvaises habitudes ont la vie dure », nous enseigne un proverbe. Des agents de l’administration publique de notre pays tardent à faire leur révolution professionnelle dans un contexte où le pays est engagé dans les reformes pour un nouveau départ. Leur mode de fonctionnement reste le même : l’absentéisme, le retard, l’arrêt des services avant l’heure légale.
En dépit des dénonciations, il n’y a pas de réelles remises en cause de ces pratiques qui violent le Code du travail de notre pays et dont les conséquences sur les usagers de l’administration se passent de tout commentaire. Contre ces pratiques devenues de plus en plus fréquentes et bien établies comme une règle pour des agents véreux, le ministre du Travail et de la fonction publique, Fassoum COULIBALY, a décidé de hausser le ton. Dans une lettre circulaire, il a appelé à « l’esprit de responsabilité et au sens élevé du devoir » des chefs des services publics, les appelant à veiller au respect strict des dispositions des lois relatives « aux fêtes légales en République du Mali », et de « l’arrêté portant institution de la journée de travail continu et la semaine de cinq jours » au Mali.
Le ministre a indiqué en outre que le fonctionnaire a le devoir d’occuper le poste qui lui est confié. Ce dernier est tenu, souligne-t-il, « à respecter ponctuellement l’horaire de travail et d’accomplir avec assiduité toutes les obligations que lui impose l’exercice de ses fonctions ».
Rappelant que la durée effective de travail ne pourra excéder 40 heures par semaine dans les services publics, établissements publics et collectivités territoriales, le ministre COULIBALY invite les chefs de services à la mise en place de mécanismes permettant de contrôler le retard et 1’absentéisme des agents dans les services publics.
Une déclaration appréciée et saluée par plusieurs organisations et surtout des usagers de l’administration souffrant de la situation. Cependant, elle ne saurait atteindre ses objectifs sans des actions concrètes par l’application rigoureuse de la loi (le code du travail). Outre sa lettre circulaire de mise en garde, le ministre du Travail doit veiller au respect des textes en la matière pour éviter le mimétisme des décisions similaires qui n’ont pas eu de lendemain meilleur.
En effet, on se rappelle que sous IBK des décisions similaires avaient été prises pour exiger le pointage de tous les agents de l’administration publique à leur arrivée et départ du service. Également sous la transition, le Président du l’organe législatif de la transition, CNT, Malick DIAW, a expérimenté la mesure sans succès. Faute de suivi et de sanction, ces décisions sont toujours restées au stade de l’effet d’annonce. Donc, Monsieur le ministre, pour votre information (vous le saviez déjà) notre pays ne manque pas d’initiatives, mais il manque de décideurs qui assument leurs responsabilités en agissant conformément à la décision prise. En clair, pour mettre fin à cette pratique une bonne fois pour toute, l’Etat doit sortir des sentiers battus parce que les approches jusqu’ici expérimentées ont été des échecs. Donc, après la carotte il faut le bâton pour mettre sur les rails ces fonctionnaires indélicats payés pour des services qu’ils n’accomplissent pas convenablement.

PAR SIKOU BAH

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *