Yeah SAMAKE, président d’honneur du Parti pour l’Action Civique et Patriotique (PACP), invité de l’émission ‘’Le Grand Jury’’ de Renouveau TV, a affirmé que l’Alliance des États du Sahel (AES) créée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger n’était pas viable.

L’émission ‘’Le Grand Jury’’ de Renouveau TV du 14 mars recevait le président d’honneur du PACP, Yeah SAMAKE. Lors de cette émission, cet ancien cadre du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) a désapprouvé la décision de la transition de se retirer de la CEDEAO et d’aller à la création de l’AES qui pourrait se transformer en une confédération.

« Je n’aurais jamais envisagé un Mali quitté sa sous-région, de ses voisins. L’isolement ne sert aucun pays. La voix du Mali a toujours porté sur la scène internationale. La décision des militaires ne sert pas le pays », a déclaré M. Yeah SAMAKE, soutenant qu’il n’est pas logique de quitter un grand ensemble pour constituer une petite organisation.

« L’AES n’est pas viable. Je n’ai jamais apprécié notre sorti de la CEDEAO. Je n’ai jamais apprécié la création de l’AES », a clamé l’invité jour, donnant l’impression d’être déchu du combat du M5-RFP dont il était l’un des acteurs.

Contrairement à certains, en se mobilisant contre le régime démocratiquement élu de l’époque, selon lui, l’objectif n’était pas de faire partir le pouvoir en place pour le remettre à des militaires. Non. Il s’agissait, a-t-il rappelé, de faire changer la gouvernance qui était décriée.

Alors que le Mouvement avec lequel il a pris ses distances traverse une période de turbulence avec des dissidences, M. Yeah SAMAKE a déploré que le M5-RFP s’est éloigné de ses objectifs.

En effet, les contestations sont de plus en plus agressives verbalement entre les leaders de ce mouvement qui avait promis aux Maliens un nouveau départ. Pendant ce temps, les débats sur le retour à l’ordre constitutionnel ne semblent pas être une préoccupation pour certains acteurs du M5-RFP.

Ainsi, celui qui avait marché dans les rues de Bamako pour dénoncer la mauvaise gestion sous IBK, souligne avoir peur de voir la transition s’agripper au pouvoir contrairement à l’ambition du M5-RFP consistant qui est l’avènement d’un Mali plus démocratique où le peuple a sa voix.

Or, est-il persuadé, « plus une transition dure, plus ça devient dur (…) L’objectif d’une transition est d’arriver à sa fin. Toute transition qui ne finit pas est un échec, donc il faut finir avec cette transition ».

Même si M. SAMAKE se reconnaît dans certaines décisions courageuses de la transition, il admet en revanche que les fondations de celle-ci ont été bâties sur des châteaux très faibles en citant le cas du Conseil national de Transition.

Il a par ailleurs déploré les dérives à l’encontre de certaines libertés poussant notamment des hommes politiques à l’exil. En effet, depuis quelque temps, plusieurs leaders politiques notamment Oumar MARIKO, Ismaël SACKO, Tieman Hubert COULIBALY ont quitté le pays par peur des représailles de la transition. De plus, il y a des actions en dissolution contre certains partis politiques.

Ces actes, selon Yeah SAMAKE, attentatoire aux valeurs démocratiques chèrement acquises se passent sans réactions des démocrates.

« C’est déplorable de voir que certains leaders du mouvement démocratique observent la démocratie mourir à petit feu », a-t-il dénoncé, regrettant que son pays « ne soit plus dans un environnement démocratique ».

Appelant à la tenue de la présidentielle dont la date initiale a été reportée par le gouvernement de la transition, M. Yeah SAMAKE déconseille cependant au Président Assimi GOITA d’être candidat pour sortir par la grande porte.

Selon lui, sa candidature n’est pas dans l’intérêt du Mali ni de son propre intérêt.

« Je ne soutiendrai pas la candidature d’un militaire à la présidentielle. Je pense que les militaires ne doivent pas être candidats », a déclaré le leader politique du PACP.

Après plus de 33 ans d’existence, le gouvernement de la transition a dissout l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), en évoquant notamment la violence dans l’espace universitaire.

Le président du PACP, abordant cette décision qui divise les Maliens, a indiqué soutenir la mesure des autorités pour l’avoir inscrite dans son projet de société depuis 2013. Il a soutenu que cette l’association ne servait plus son objectif.

« La forme actuelle ne marche pas. Elle ne sert pas l’école et n’a pas servi les élèves. Il faut accepter de récréer le leadership estudiantin », a martelé M. SAMAKE.

PAR SIKOU BAH

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