Le secrétaire général du Syndicat national des banques, établissements Financiers et Commerce du Mali (SYNABEF), Hamadoun BAH, a menacé le lundi 11 mars, lors d’un point de presse, d’aller en grève pour dénoncer les violations de la liberté syndicale dont ils sont victimes et le non-respect des engagements en faveur des membres du SYNABEF.

Depuis un certain temps, le torchon brûle entre le Ministre de l’Économie et des Finances, M. Alhousseyni SANOU, et le Syndicat National des Banques, Établissements Financiers et Commerce du Mali (SYNABEF). À l’origine du différend, la violation des libertés syndicales au sein de la BDM-SA, BEREBEN, à UBIPHARM et à Sanké.
Réunis ce lundi 11 mars 2024 à l’occasion d’un point de presse, le SYNABEF, par la voix de Hamadoun BAH, secrétaire général, a brisé le silence en dénonçant la violation des libertés syndicales dont sont victimes les membres dudit syndicat.
Selon le secrétaire général du SYNABEF, cette rencontre avec les journalistes vise à faire le point sur la situation grave à laquelle font face les militants du SYNABEF dans les différents secteurs d’activités.
« Nous ne dirons pas qu’il n’a pas été un bon ministre de l’Economie et des finances pour avoir géré l’embargo et autres. Mais il est loin des travailleurs. A croire qu’il les fuit. En tout cas, il me fuit. Toutes les fois où nous avons demandé à le rencontrer, il veut me voir seul », a déclaré le responsable syndical du SYNABEF.
Ainsi, pour lui, le ministre SANOU est le principal problème du SYNABEF confronté à trois graves difficultés : les entraves graves à la liberté syndicale, avec la caution incontestable du Ministre des Finances à la BDM SA, BEREBEN, et à UBIPHARM, ainsi que dans certaines stations d’hydrocarbures ; les injustices flagrantes, assorties de discriminations au PMU-Mali, avec son corollaire de licenciement abusif et de traitement partial des travailleurs ; et le non-respect des engagements et la violation des accords dans des entreprises.
« A croire que nous avions signé des protocoles pour les jeter dans la poubelle. Le préavis de 2023 exige l’intégration des travailleurs de UBIPHARM illégalement licenciés à défaut de retirer l’agrément de la société », a rappelé M. BAH, accusant le ministre SANOU d’en être le blocage.
Le SYNABEF maintenant sa position face à la situation de ces travailleurs mis en chômage injustement depuis plus de trois mois exige la réintégration de ces agents avec rappel de leur salaire.
« Nous sommes dans un contexte où l’on veut éviter le bruit. On veut bien éviter le bruit, mais qu’on ne nous provoque pas. Quand on nous provoque, on fait du bruit. Et quand on nous provoque, on dépose même le préavis », a menacé Hamadoun BAH, déclarant que le Pacte de stabilité sociale et de croissance ne remet pas en cause la liberté de la grève. C’est un droit inaliénable. Par contre, le Pacte est un engagement.
« Nous avons l’impression qu’on veut affaiblir le SYNABEF. Nous avons l’impression qu’il y a dans le gouvernement des anti-syndicats », soupçonne M. BAH, tout en appelant à la démission du gouvernement des ministres qui sont contre le syndicalisme.
Face à ces injustices, a-t-il expliqué « nous avons tenu ce point de presse pour exprimer notre ras-le-bol et demander aux autorités de prendre leur responsabilité. Nous demandons aux autorités de faire arrêter les agissements de leurs dirigeants ».
En dénonçant les violations de la liberté syndicale, le secrétaire général du SYNABEF a menacé de déposer un préavis de grève avant la fin de ce mois.
« Nous sommes prêts. Le préavis est déjà prêt et nous le déposerons si tout ça n’est pas réglé. Nous déposerons notre préavis de guerre courant ce mois», a-t-il annoncé.

PAR SIKOU BAH

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *