Après l’expiration de l’ultimatum de 72 heures lancé au Premier ministre, ses détracteurs du Mouvement du 5 juin-rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) dans une déclaration, ce mardi 5 mars, ont décidé de sa destitution en tant que président du comité stratégique du mouvement. Ainsi, la stratégie tout sauf Choguel est désormais en marche. Les ficèles sont tirées par des cadres du M5 qui ne veulent plus sentir Choguel Kokalla MAIGA à la Primature. Il reste à savoir si cette stratégie produira les effets escomptés, quand on sait que ce n’est pas la première tentative.

Le divorce est-il consommé entre les cadres du M5-RFP ? En tous cas, la tournure des décisions et déclarations ne plaident plus en faveur d’une possible cohésion entre le Premier ministre et ses détracteurs décidés à le trahir pour des intérêts personnels, et non sur la base des convictions.
Ces cadres, lors de leur réunion du mardi 5 mars, ont révoqué « purement, simplement et démocratiquement le mandat de président du comité stratégique du M5-RFP initialement confié à Choguel Kokalla MAIGA » dans une déclaration lue par Jeamille BITTAR.
Cette décision scelle la division au sein du M5-RFP consécutive à la tension qui couvait entre des responsables du mouvement de contestation contre le Président feu Ibrahim Boubacar KEITA. A ce jour, le mouvement se trouve affaibli par de nombreuses dissidences.
En prenant cette mesure contre le Premier ministre, ses détracteurs, à visage découvert, tentent de lui faire une guerre par procuration. En clair, ces responsables du M5 sont en mission de certains ‘’militaires’’ qui veulent diviser le M5-RFP, a déclaré Choguel Kokalla MAÏGA, lors de son meeting tenu le vendredi dernier au Palais des Sports de Bamako. Au cours duquel, en plus de la question de la création de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), il a évoqué la crise au sein du M5-RFP.
A ce stade, il n’y a ni lâchage, ni trahison des jeunes officiers contre le chef du gouvernement Choguel Kokalla MAIGA qui garde encore son poste et conduit les actions du gouvernement conformément à ses prérogatives n’en déplaise à ceux qui sont en train d’orchestrer afin de le ‘’gommer’’ : le faire partir de la Primature à tout prix.
Comme pour prendre une revanche sur lui, mettent-ils ainsi à jour le projet ‘’Tout sauf Choguel Kokalla MAIGA’’ qui avait été envisagé par certains cadres du mouvement alors qu’il était malade.
Ces acteurs politiques assimilés aux « forces rétrogrades » par une grande partie de la population, qui ont fait jusque-là, contre mauvaise fortune bon cœur, en s’accommodant de la présence de Choguel Kokalla MAIGA à la tête du Gouvernement de Transition seraient inscrits dans une logique de ‘’dégagisme’’. La plupart de ces responsables en soutien à cette cabale ont du mal à avaler la pilule, c’est-à-dire son maintien à son poste de PM.
En tout cas, c’est étonnant que ceux-ci se rendent compte brusquement des ‘’défauts’’ de Choguel K. MAÏGA après des mois de combats pour faire tomber le régime IBK et des années de gestion de la Primature par Choguel.
Le vrai fond du problème est que ces responsables politiques qui ont longtemps plaidé pour la Justice des vainqueurs par le partage de cadeau sont impatients d’être au-devant de la scène. Ils veulent aussi souper. Pour y parvenir, il faut engager la contestation contre le maillon faible, le Premier ministre. Sinon après le remaniement du gouvernement pour injecter presque tous les membres du M5, est-ce que des voix se sont levées au sein du mouvement pour dénoncer ? Non. Tous ont gardé l’omerta.
Ces acteurs politiques au lieu de tirer les leçons de leur déchéance qui conduisent à des coups d’Etat, maintiennent la dynamique. Pire, ils tombent au travers du piège de va-t’en guerre lié à des questions de personnes et non à des principes s’opposant à tout approche d’ancrage démocratique. Quoique Choguel puisse être, il est avant tout un cadre du M5-RFP, l’affaiblir, c’est aussi porté un autre coup au Mouvement dont l’une des ambitions est de rendre le processus de la refondation Mali Kura irréversible.
Pendant ce temps, des vrais sujets sont occultés ou-bien font-ils semblant de les ignorer parce qu’ils n’ont pas le courage de s’y prononcer. Il s’agit notamment de la cherté de la vie, du problème de délestage, entre autres.
Ainsi, de la rivalité politique ; l’on est passé depuis quelques jours à une question d’égo, d’honneur et de dignité en fuyant toute valeur démocratique qui exige des conduites et de la cohérence.
En tout cas, quand l’orgueil prend la place de la raison, l’esprit se vide.

PAR SIKOU BAH

 

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