Sommet Russie-Afrique: sécurité, économie et souveraineté au cœur des enjeux

À l’approche du troisième Sommet Russie-Afrique, prévu les 28 et 29 octobre 2026 à Moscou, l’ambassadeur de Russie au Mali, Igor Gromyko, a présenté les grandes orientations de la politique africaine de son pays. C’était lors d’une conférence de presse tenue le vendredi 9 octobre dans les locaux de l’ambassade de Russie à Bamako. Le diplomate a mis en avant le renforcement des relations bilatérales avec le Mali et le développement du dialogue avec la Confédération des États du Sahel (AES).

Le troisième Sommet Russie-Afrique, accompagné du Forum économique et humanitaire, se déroulera autour du thème : « Ensemble, développons une coopération mutuellement avantageuse et le potentiel de chaque pays d’Afrique ».

Le programme du sommet s’articulera autour de six grands axes : la souveraineté et la politique internationale ; l’économie, le commerce et les investissements ; les technologies, l’énergie et l’innovation ; l’éducation, la science et la coopération humanitaire ; les médias et la coopération dans le domaine de l’information ; enfin, la coopération entre les jeunes.

À travers ces différents domaines, Moscou entend promouvoir une coopération qui ne se limite pas aux relations politiques, mais qui s’étend également aux échanges économiques, scientifiques, technologiques et culturels.

Une attention particulière sera accordée à la jeunesse. En marge du sommet, le Forum de la jeunesse Russie-Afrique ainsi que d’autres rencontres consacrées aux échanges entre les jeunes Russes et Africains sont annoncés.

Abordant les relations entre Moscou et Bamako, Igor Gromyko a rappelé que les deux pays entretiennent des relations diplomatiques depuis le 14 octobre 1960, quelques semaines après la proclamation de l’indépendance du Mali. Le 66e anniversaire de l’établissement de ces relations sera célébré le 14 octobre 2026.

Russie-AES : un dialogue qui prend de l’ampleur

Au-delà de ses relations bilatérales avec le Mali, la Russie entend également développer sa coopération avec la Confédération des États du Sahel, qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

Igor Gromyko a souligné l’importance de cette organisation dans le contexte sécuritaire et politique de la région sahélo-saharienne. Il a rappelé que la Russie avait mis en place un mécanisme spécifique de dialogue avec les trois pays de l’AES.

La première réunion des ministres des Affaires étrangères de la Russie et des États membres de la Confédération s’est tenue à Moscou le 3 avril 2025. Plus récemment, le 24 septembre 2026, en marge de la semaine de haut niveau de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a rencontré ses homologues des pays de l’AES à New York.

La coopération militaire au cœur des relations avec Bamako

Igor Gromyko a évoqué les activités de l’Africa Corps, relevant du ministère russe de la Défense, dont les membres collaborent avec les Forces armées maliennes (FAMa) dans la lutte contre les groupes armés terroristes.

Le diplomate a notamment cité les opérations militaires menées à Kidal comme illustration récente de cette coopération. Il a salué l’opération conduite par les FAMa avec l’appui de leurs partenaires russes, présentée par Moscou comme une étape dans le renforcement de la présence militaire malienne dans cette ville du Nord.

L’ambassadeur a également exprimé sa satisfaction quant à l’issue de cette opération, affirmant que les forces engagées avaient permis de déloger les éléments du Front de libération de l’Azawad (FLA) et du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM).

Des ambitions qui dépassent le seul cadre sécuritaire

Au terme de son intervention, Igor Gromyko a mis en perspective les différents axes de la coopération entre la Russie, le Mali et les autres pays africains. Si la sécurité demeure un domaine majeur des relations russo-maliennes, les perspectives évoquées concernent également le commerce, les investissements, l’énergie, les sciences, les technologies, l’éducation et la coopération humanitaire.

Le troisième Sommet Russie-Afrique devra ainsi permettre aux participants d’examiner les moyens de renforcer les partenariats existants et d’identifier de nouvelles possibilités de coopération.

Pour le Mali, ces rencontres représentent une occasion de poursuivre le dialogue avec un partenaire stratégique et de défendre ses priorités dans plusieurs secteurs. Leur portée dépendra toutefois de la concrétisation des engagements annoncés, de la mise en œuvre des accords conclus et des résultats obtenus au bénéfice des populations.

À l’approche du rendez-vous de Moscou, le message de l’ambassadeur russe est donc clair : la Russie entend inscrire sa présence en Afrique dans une dynamique durable, articulée autour de la diplomatie, de la sécurité et du développement économique. Reste à traduire ces ambitions en projets concrets, dans un environnement régional et international en pleine mutation.

PAR MODIBO KONÉ