Dans un entretien exclusif accordé à Middle East Eye, le porte-parole du Front de libération de l’Azawad (FLA), Mohamed Elmaouloud Ramadane, a appelé, ce mardi 15 septembre 2026, la Turquie à mettre à profit ses relations étroites avec Bamako pour contribuer à une issue politique à la crise malienne. 

Le mouvement séparatiste affirme ne pas rechercher un soutien militaire de la Turquie, mais souhaite pouvoir présenter directement ses positions aux autorités turques et au président Recep Tayyip Erdogan. Le Front de libération de l’Azawad (FLA) veut ouvrir un canal de dialogue avec la Turquie. 

Dans un entretien accordé à Middle East Eye publié, ce 15 septembre, son porte-parole, Mohamed Elmaouloud Ramadane, estime que l’influence croissante de la Turquie au Mali lui confère un rôle potentiel dans la recherche d’une solution politique à la crise.

Le responsable du mouvement séparatiste touareg dit souhaiter que la Turquie puisse écouter directement les positions du FLA et contribuer à une éventuelle dynamique de paix. Il précise toutefois que son mouvement ne demande pas à Ankara de prendre militairement son parti.

« Nous ne demandons pas à la Turquie de prendre parti militairement pour les FLA. Nous lui demandons d’abord d’écouter et de comprendre », a déclaré Ramadane.

Pour le porte-parole du FLA, la Turquie occupe désormais une place suffisamment importante au Mali. C’est parce que, justifie-t-il, auprès de la Turquie que le Mali achète plusieurs de ses équipements militaires. 

« Nous ne demandons pas à la Turquie de rompre ses relations avec les autorités maliennes. Nous lui demandons de considérer la réalité malienne dans toute sa complexité et de ne pas envisager la question de l’Azawad uniquement à travers le prisme des autorités de Bamako », a-t-il déclaré. 

Ramadane estime que cette proximité peut être mise à profit dans la recherche d’une solution politique. 

Son appel vise, notamment, le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont il souhaite que l’influence puisse contribuer à favoriser un dialogue sur la question de l’Azawad.

« Nous ne demandons pas à la Turquie de choisir entre le Mali et l’Azawad. Nous lui demandons de contribuer à ce que la paix ne soit pas imposée à l’Azawad, mais négociée avec elle », a-t-il déclaré.

Le FLA souhaite ainsi disposer de canaux lui permettant d’exposer directement sa position à Ankara, plutôt que de voir la question de l’Azawad abordée uniquement à travers les relations militaires entre la Turquie et Bamako.

La position rapportée par Middle East Eye du côté turc se veut toutefois prudente.

Un responsable turc chargé des questions africaines cité par le média affirme que la Turquie est ouverte au dialogue avec différents acteurs et que des canaux pourraient être trouvés si le FLA souhaite échanger avec le gouvernement turc.

« Cela ne signifie toutefois pas que nous prendrons leur partie et que nous nous immiscerons dans le conflit interne d’un État étranger », a déclaré le responsable turc, ajoutant : « Mais nous les écouterons. »

PAR SIKOU BAH

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