Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le président du parti CODEM, Housseini Amion GUINDO dit Poulo s’est prononcé sur le récent voyage du Président de la transition, le Colonel Assimi GOITA, à Sikasso. Aussi, il a évoqué la situation sécuritaire au Centre du pays ; le musellement de toutes les voix discordantes, avant de proposer des solutions pour faire sortir le Mali de cette situation.

Sur le voyage du Colonel Assimi GOITA à Sikasso, il a rappelé que les raisons avancées étaient entre autres : le lancement de la campagne distribution de vivres ; l’inauguration du Stade Babemba TRAORE rénové ; la pose de la première pierre de l’Université de Sikasso, etc.

Selon lui, depuis le début de la transition, il y a 4 ans, c’est la première fois que le Président de la transition effectue un déplacement à Sikasso. Poulo trouve que les raisons de la visite du Président de la transition à Sikasso sont moins importantes d’autant plus que la région a d’autres priorités plus pertinentes.

Pour lui, le fait de choisir Sikasso pour lancer l’opération de distribution des vivres prouve à suffisance que la précarité a atteint son paroxysme au Mali. Cela, quand on sait que Sikasso est une région d’Agriculture par excellence et est considérée comme le grenier du Mali.

Selon Housseini Amion GUINDO, Sikasso étant une zone cotonnière, le Président de la transition aurait dû parler du paiement des cotonculteurs dont beaucoup attendent encore leurs argents après la vente du coton de la campagne écoulée ; expliquer la situation de l’engrais pour cette campagne et rassurer que les difficultés que les paysans ont rencontré durant la campagne écoulée ne se reproduiront plus.

Parlant de l’inauguration du terrain de football rénové, Housseini Amion GUINDO, non moins ancien dirigeant sportif à Sikasso, a affirmé qu’il serait naturellement satisfait s’il y avait des investissements dans le domaine du sport.

Mais, il trouve que ce qu’on peut retenir des propos du Président de la transition dans le stade de Sikasso est la digitalisation de l’administration pour sécuriser les finances de l’Etat.

De l’avis de Housseini Amion GUINDO, la présence du Colonel Assimi GOITA devrait être mise à profit pour donner la parole à l’entrepreneur qui a effectué les travaux de rénovation pour qu’il explique les conditions de l’attribution du marché et le coût de rénovation. Une manière de mettre l’accent sur la transparence quand on sait que la rénovation du stade du 26 Mars a suscité beaucoup de réactions après que les Maliens aient été informés de son coût jugé exorbitant.

« Depuis l’affaire de la rénovation du 26 Mars, il y a eu celle du terrain de Kati, de Kayes, du stade Mamadou KONATÉ, et récemment celle de Sikasso. Le peuple n’a pas été informé sur les différents coûts de rénovation. Dans notre politique, on peut nous reprocher certaines choses, mais nous avons toujours lutté pour protéger les ressources de l’Etat, pour promouvoir la transparence partout où les fonds de l’État sont utilisés », a affirmé Housséini Amion GUINDO.

Concernant la pose de la première pierre de l’Université de Sikasso, il a informé que ce projet date depuis longtemps.

« C’est bien de poser des pierres, mais ce projet a pris du retard à cause du problème d’enseignant. Sinon, les projets d’universités de Ségou, de Sikasso et de Kayes devraient commencer ensemble », a-t-il rappelé.

Il a expliqué qu’en voulant créer l’université dans une ville comme Sikasso, les autorités devraient d’abord s’assurer de la situation sécuritaire. A en croire Poulo, les djihadistes sont aujourd’hui à 15 km de la ville de Sikasso.

Le président du parti CODEM a affirmé que dans beaucoup de communes de la région de Sikasso, les écoles sont fermées et les élus communaux ont pris la tangente, et l’administration est absente.

« Les djihadistes se sont installés à Sikasso sous cette transition », a-t-il affirmé, avant de préciser que l’armée fait de son mieux.

Selon lui, la crise sécuritaire que traverse le Mali ne peut pas être jugulée par l’armée seule. Il soutient qu’il faut l’implication des gens qui ont une bonne réputation au sein des communautés et qui connaissent les zones.

Se prononçant sur la situation sécuritaire au Centre du pays, il dira que pratiquement plus de la moitié des localités ont signé des accords avec les djihadistes pour ne pas être attaquées, pour cultiver et vaquer à leurs occupations. Il a cité notamment les cercles de Djenné, de Macina, Youwarou, Ténenkou.

Aussi, il a souligné que dans des localités des cercles de Koro, Bankass, Bandiagara et Douentza l’État est absent.

Selon lui, les localités qui ont refusé de signer des accords avec les djihadistes sont régulièrement attaquées.

Housséini Amion GUINDO a, au passage, exprimé sa solidarité aux populations du Centre. Il a insisté à dire que l’armée est en train de se battre comme il le faut, mais que la voie empruntée par les autorités n’aboutira pas à la sécurisation du pays, à donner de l’électricité aux populations, à donner de la nourriture aux Maliens…

Comme solution, il a appelé les autorités à collaborer avec le peuple pour mener la réflexion ensemble et trouver des solutions en concomitamment à l’action militaire.

Contrairement à cela, il a déploré que toutes les voix discordantes soient muselées ou emprisonnées et que des décisions importantes sont prises sans consulter le peuple.

Pour lui, accepter ces comportements des autorités est synonyme de peur.

« L’unité du pays est liée au respect des lois et l’exemple doit venir des autorités », a déclaré Poulo, avant d’affirmer que toutes les difficultés que connaissent les Maliens sont imputables aux autorités de la transition.

PAR MODIBO KONÉ

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