Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a appelé, ce mercredi 23 septembre, à ne pas isoler les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), soulignant que ces pays constituent une forme de digue contre l’extrémisme violent et les groupes terroristes. C’était lors d’un entretien avec une chaîne internationale sur les questions du Sahel et du Mali, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, qui se tient à New York depuis le 22 septembre 2026.
En marge de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, le ministre togolais des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, Robert Dussey, a accordé, le 23 septembre, un entretien à France 24, dans lequel il est longuement revenu sur la position du Togo à l’égard de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Sur ce point, le ministre togolais Robert Dussey soutient que la situation, en Afrique de l’Ouest en général et particulièrement au Sahel, est très difficile. Contrairement à certains pays africains, son pays, le Togo, soutient l’Alliance des États du Sahel, créée par le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
« Le Président du Conseil du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé, a eu tort d’avoir raison. Parce qu’aujourd’hui, tous ces pays qui avaient condamné ces trois pays de l’AES sont en train de renouer avec eux », a affirmé le chef de la diplomatie togolaise, ajoutant qu’au-delà des pays africains, les pays européens sont en train de renouer avec l’AES.
Par ailleurs, il a insisté pour rappeler que l’isolement du Burkina, du Mali et du Niger n’est pas bénéfique pour la stabilité régionale.
« Ces pays constituent une forme de digue contre l’extrémisme violent, contre les groupes terroristes. C’est pourquoi il faut aider les autorités maliennes et les forces armées maliennes à résister et à défendre leur territoire », a déclaré Robert Dussey.
Ainsi, il appelle à défendre le Mali dans son combat, avant d’ajouter que le défi sécuritaire n’est pas seulement pour les pays de l’AES : le danger est pour tous. Il reste convaincu qu’en défendant le Mali, ils défendent aussi les pays côtiers.
Il appelle à aider ces trois pays. « Nous ne pouvons pas isoler les trois pays de l’AES. Ce n’est pas responsable », a-t-il martelé, prouvant que la responsabilité est de travailler, de dialoguer et de parler avec ces pays.
Enfin, Robert Dussey, du Togo, encourage les pays de l’AES, avançant qu’ils ont fait leur choix d’avoir une confédération.
Robert Dussey a également défendu la résolution portée par le Togo devant l’Assemblée générale de l’ONU en faveur de l’adoption de la carte Equal Earth, qui restitue les proportions réelles du continent africain, plus vaste que ne le laisse apparaître la projection de Mercator traditionnellement utilisée. Face aux États-Unis, qui ont voté contre ce texte et y ont vu « un projet idéologique radical », le ministre togolais a opposé une lecture strictement factuelle : pour lui, il s’agit avant tout d’«une vérité scientifique ».
PAR SABA BALLO