Le ministère des Transports et des Infrastructures a annoncé, dans un communiqué lu à la télévision nationale ce samedi, la reprise de la circulation alternée sur le tronçon urbain de la Route nationale n° 27 (RN27), plus connue des Bamakois sous le nom de route de Koulikoro. La mesure prend effet à compter d’aujourd’hui, ce 19 octobre 2026.
Le communiqué n° 05-MTI-2026, daté du 16 octobre et signé pour le ministre par le Secrétaire général par intérim, indique que cette décision fait suite à une visite de terrain effectuée le vendredi 16 octobre. Une délégation composée de représentants du ministère, de la Police nationale et de la mairie du District de Bamako s’est rendue sur place afin de constater l’avancement des travaux d’aménagement.
Selon le texte, les travaux « évoluent de manière satisfaisante », mais leur poursuite exige la fermeture temporaire de certaines sections de la voie. La circulation alternée est donc rétablie pour faciliter le déroulement du chantier tout en assurant, « dans la mesure du possible », la continuité du trafic. Le ministère invite les usagers à respecter les signalisations temporaires ainsi que les instructions des agents chargés de la régulation, et appelle au civisme de chacun.
Si la mesure peut se justifier sur le plan technique, c’est son enchaînement avec la décision précédente qui interpelle. Il y a seulement quelques jours, le même département avait lui-même mis fin à ce dispositif. Que la réalité du chantier, constatée lors d’une visite de terrain, impose de revenir en arrière, autrement dit de faire un rétropédalage, interroge. La situation pourrait en effet révéler que la première décision n’avait pas été suffisamment préparée. Comment comprendre, sinon, que le département décide de mettre fin à ce mécanisme alors que la construction de la route de Koulikoro est en plein chantier ?
Mais il fallait s’y attendre. Sur un axe aussi stratégique que la route de Koulikoro, qui relie plusieurs des principales voies d’accès, chaque changement de régime de circulation a des conséquences concrètes : embouteillages, retards, manque à gagner pour les transporteurs et les commerçants, désorganisation des déplacements quotidiens de milliers de Bamakois. Les usagers, qui avaient adapté leurs trajets et leurs horaires à la levée de la mesure, doivent désormais recommencer.
Cet épisode illustre ce que l’on peut qualifier de pilotage à vue. Comment comprendre, en effet, qu’un même ministère prenne, à quelques jours d’intervalle, deux décisions contradictoires concernant la même route ? Soit l’état d’avancement des travaux n’était pas connu de ceux qui ont décidé de lever la circulation alternée, soit l’information n’a pas circulé efficacement entre les services. Dans les deux cas, cela traduit un défaut de coordination et d’anticipation.
PAR SIKOU BAH