C’était prévisible, les dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES), savoir, le Burkina Faso, le Mali et le Niger, ont formellement annoncé le retrait immédiat de leurs nations respectives de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Mais, ce qui était moins prévisible, l’attitude de la CEDEAO qui se dit prête à une solution négociée après le retrait du Mali du Niger et du Burkina Faso.

En effet, dans un communiqué officiel, la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a réagi ce dimanche 28 janvier 2024, à l’annonce récente du Burkina Faso, du Mali et du Niger de se retirer de l’organisation régionale.
« L’attention de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Commission de la CEDEAO) a été attirée sur un communiqué diffusé sur les chaînes de télévision nationale du Mali et du Niger, annonçant la décision du Burkina Faso, du Mali et du Niger de se retirer de la CEDEAO », lit-on dans un communiqué publié par l’organisation intergouvernementale ouest-africaine en début de soirée de ce dimanche 28 janvier 2024.
À ce stade, la Commission de la CEDEAO tient à souligner qu’elle n’a pas encore reçu de notification formelle directe de la part des trois États membres concernant leur intention de se retirer de la Communauté.
La Commission de la CEDEAO, opérant sous la direction de l’Autorité des chefs d’État et de gouvernement, rappelle qu’elle a travaillé assidûment avec le Burkina Faso, le Niger et le Mali, pour « la restauration de l’ordre constitutionnel », poursuit le communiqué.
Malgré la décision de retrait annoncée, la CEDEAO insiste sur l’importance du Burkina Faso, du Niger et du Mali en tant que membres essentiels de la Communauté.
L’Autorité demeure déterminée à trouver une solution négociée à l’impasse politique actuelle, soulignant l’importance de la coopération régionale pour relever les défis communs.
Curieusement, la CEDEAO qui était disposée à activer sa force en entente contre le Niger en vue d’instaurer un président renversé par le coup d’État de juillet 2023, adoucit sa position, à travers ce communiqué. Cette brusque volteface de la CEDEAO pourrait être l’effet de l’annonce des trois pays de l’AES de tourner la page de l’organisation qui sans doute l’affaiblira. En position de difficultés pour avoir mal négocié avec les pays en transition, la CEDEAO n’a pas d’autre option que mettre balle à terre et espéré un changement de décision des membres l’AES. Pour autant, cette alliance avait été qualifiée par le président en exercice de la CEDEAO, d’une structure fantoche.
Ironie du sort, cette même CEDEAO sort de sa zone d’orgueil et lance un message d’apaisement au Mali, au Niger et au Burkina Faso qui ont atteint le point de non-retour dans la mise en œuvre de leur politique commune.
Si la CEDEAO avait privilégié des démarches négociées politiquement, il n’y aurait pas les vives tensions entre ses membres et division au tour de son intervention militaire contre tous les textes de l’organisation sous régionale.
En réalité, les leaders de la CEDEAO n’ont pas tiré les enseignements de leurs sanctions contre le Mali ayant créé un effet boomerang, en ralliant la population à la cause de la transition.
Même si le retrait des membres de l’AES n’est pas encore effectif au regard des textes qui parlent d’un délai d’un an, tout porte à croire que nous sommes face à une scission politique au sein de la CEDEAO.
Pour justifier leur décision, les trois pays ont accusé la CEDEAO d’être à la solde de certaines puissances étrangères, notamment la France qui pilote un peu les décisions de la Communauté économique des États de de l’Afrique de l’Ouest.
Au niveau des opinions publiques, la CEDEAO est aussi accusée de pratiquer deux poids deux mesures face aux crises institutionnelles. C’est-à-dire que des pays sont sanctionnés pendant que d’autres ne le sont pas pour les mêmes faits.
Ainsi, en décidant de quitter la CEDEAO, les pays de l’AES veulent ainsi prendre en main leur destin sans influence extérieure.
Par ailleurs, ces trois pays n’ont jamais caché leur intention de créer leur propre monnaie ce qui voudrait dire sortir du franc CFA même pour le moment ils restent membre de de l’UEMOA qui s’occupe de la monnaie.

Par Abdoulaye OUATTARA

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