La faitière de la presse a dit non à la Haute autorité de communication, le régulateur des médias, qui a interdit aux journalistes de couvrir les initiatives des partis politiques dont les activités ont été suspendues par le gouvernement le mercredi 10 avril.

Dans la foulée de la suspension des activités des partis politiques par le gouvernement lors du Conseil des ministres du 10 avril, la Haute autorité de la communication (HAC) dans un communiqué qui a suscité la consternation, l’indignation, invite les médias à ne pas couvrir les activités des formations politiques.
« La Haute Autorité de la communication invite tous les médias (radios, télés, journaux écrits et en ligne) à arrêter toute diffusion et publication des activités des partis politiques et des activités à caractère politique des associations », a exhorté la HAC dans son communiqué destiné aux responsables.
La chansonnette pour faire plaisir aux principes du jour va créer le tollé avec le rejet de la mesure, à l’unanimité, par les faitières des organisations de la presse malienne, la Maison presse.
A l’issue d’une réunion d’urgence tenue le jeudi 11 avril à cet effet, le bureau de la Maison de la presse dirigé par Bandiougou DANTE a sorti son gond pour recadrer la HAC qui a outrepassé son mandat.
Le Président de la Maison de la Presse, Bandiougou DANTE a déclaré que cette décision constitue une atteinte flagrante à la liberté de la presse et au droit fondamental des citoyens à être informés.
Face à cette tentative de museler la voix des médias maliens, la Maison de la Presse a appelé à la résistance. Elle a invité l’ensemble des journalistes du pays à ne pas se soumettre aux injonctions arbitraires de la HAC et à demeurer unis dans la défense de la liberté d’expression.
Dans un contexte où la démocratie et les droits humains sont fragiles, elle a souligné la nécessité pour la presse de rester vigilante et mobilisée pour garantir l’accès à une information libre et impartiale pour tous les citoyens maliens.
La Maison de la Presse a également affirmé « sa détermination à utiliser tous les moyens légaux à sa disposition pour contrer ces tentatives de censure ». Elle a promis de « prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer le respect de la liberté de la presse au Mali ».
La situation actuelle représente un véritable test pour la liberté d’expression et de presse au Mali. Face à ces menaces, bon nombre d’acteurs politiques et de leaders de mouvements associatifs ont exprimé leur solidarité avec les journalistes maliens dans leur lutte pour la liberté d’information.
Le président du Comité des experts de la Maison de la presse, Mamadou DABO, a rétorqué en disant que « ce n’est pas à la HAC de nous dicter la conduite rédactionnelle à tenir. Aucune loi ne lui autorise cela, ni aucun principe déontologique. Ce n’est pas parce que le gouvernement a interdit les activités des partis [et associations] politiques que la presse ne leur donne pas la parole. Au-delà de l’interdiction, le coup d’État est un crime indescriptible mais les journalistes donnent la parole aux putschistes. Nous demandons à la HAC un peu de respect pour la presse et la liberté d’expression ».

PAR SIKOU BAH

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