L’Association des éditeurs de presse privée (ASSEP), le Groupe patronal de la presse et l’Union nationale des journalistes et éditeurs de presse (UNAJEP) ont tenu, ce samedi, une assemblée générale extraordinaire au siège de l’ASSEP. À l’issue des travaux, les trois faîtières ont publié une déclaration commune réaffirmant leur attachement à l’unité de la profession et exigeant que toute réforme du secteur soit menée de manière inclusive et concertée.
L’assemblée, qui a réuni plusieurs responsables de médias, des doyens de la profession et des directeurs de publication, a examiné deux points : la préfiguration de l’organe d’autorégulation des médias et la relecture de la convention collective de la presse.
Sur la question de l’autorégulation des médias, l’ASSEP, le Groupe patronal de la presse et l’UNAJEP disent adhérer pleinement au principe, qu’elles présentent comme un levier pour renforcer l’éthique et la crédibilité de la profession. Elles regrettent toutefois de ne pas avoir été associées dès le lancement du processus par la Maison de la presse et réclament que les travaux se poursuivent dans un cadre garantissant la représentativité et l’indépendance du futur organe.
Même logique concernant la convention collective de la presse, dont les dispositions datent de 2009. Les trois organisations recommandent la nécessité d’une actualisation, mais estiment que toute révision doit tenir compte de la situation économique difficile des entreprises de presse, confrontées à la baisse des recettes publicitaires et à la hausse des charges. Leur réserve, précisent-elles, porte sur la méthode et le contexte de la réforme, non sur son principe.
L’aide à la presse comme préalable
S’exprimant au nom de l’ASSEP, son président Boubacar YALCOUYE a insisté sur le retard accumulé dans le versement de l’aide à la presse, qu’il juge indispensable avant toute révision de la convention collective. Selon lui, une entreprise de presse économiquement fragilisée ne peut pas offrir durablement de meilleures conditions de travail à ses employés. « Il est primordial d’améliorer les conditions des travailleurs, certes, mais aussi de sauver et de renforcer les entreprises qui les emploient », a-t-il déclaré.
Le président de l’ASSEP a par ailleurs salué l’initiative de créer un organe d’autorégulation, rappelant qu’un conseil des pairs figure parmi les orientations du plan d’action triennal de son organisation. Il a cependant réitéré l’exigence que ce conseil émane véritablement de la profession, à l’issue d’une concertation associée toutes ses composantes.
Dans leur déclaration finale, l’ASSEP, le Groupe patronal de la presse et l’UNAJEP annoncent leur disponibilité à dialoguer avec la Maison de la presse, les pouvoirs publics, les organisations syndicales et l’ensemble des partenaires du secteur. Elles appellent l’État à prendre en compte la situation économique des entreprises de presse, à condition qu’elles jugent essentielles à la préservation des emplois et au développement d’une presse professionnelle et indépendante.
Les trois organisations concluent en affirmant leur volonté de parler désormais d’une seule voix sur les questions engageant l’avenir de la presse écrite privée, estimant que l’unité de la profession demeure leur principale force face aux réformes en cours.
PAR SIKOU BAH