Alors que les enjeux d’unité et d’identité nationale occupent le cœur du débat public, le rôle du média d’État se retrouve sous le feu des projecteurs. Face à la problématique qui appelle aujourd’hui à une révision en profondeur et à une moralisation des programmes de l’Office de Radiodiffusion Télévision du Mali (ORTM), l’ancien diplomate, Dr Oumar Aba TRAORÉ, Ph.D. Politologue et écrivain fait une série de propositions citoyennes articulées autour de trois axes majeurs, à savoir : la mémoire historique, l’équité territoriale et le respect des valeurs culturelles.
Le premier volet de ce plaidoyer repose sur un constat critique : la méconnaissance mutuelle entre les citoyens. Pour y remédier, l’écrivain préconise la création et la large diffusion de films documentaires appuyés par des historiens, sociologues et géographes.
Du pays Dogon au Mandé, en passant par le Macina, le Songhoï, le Targui, le Miniankala ou le Sénofola, ces contenus auraient pour vocation d’explorer la richesse des régions naturelles. Traduits dans toutes les langues nationales, ces reportages constitueraient un socle pédagogique essentiel pour stimuler le patriotisme et le sentiment d’appartenance.
Outre la pédagogie, le contenu des émissions phares fait l’objet de réserves. L’émission « Terroir », parfois critiquée pour sa focalisation sur les intronisations et les chefferies traditionnelles du Sud (Bamanan et Malinké), nécessite selon ces propositions un recadrage majeur.
Il s’agirait de dépasser le simple folklore pour mettre en lumière les réalités économiques, agricoles et culturelles de chaque localité.
Pour l’ancien fonctionnaire de classe exceptionnel, la mise en place d’un comité d’experts permettrait de garantir une représentation équitable de l’ensemble des groupes ethniques et des régions, consolidant ainsi le « vouloir vivre ensemble ».
Enfin, l’image véhiculée par les journalistes et présentateurs de la chaîne nationale suscite un appel à la rigueur.
Les recommandations plaident pour l’interdiction de la dépigmentation cutanée à l’antenne et l’adoption de tenues vestimentaires conformes à la pudeur et aux traditions locales. En tant que vitrine du pays à l’international, l’ORTM se doit d’incarner une authenticité exemplaire.
Face à ces défis d’intégration et de moralisation, la refonte des grilles de programmes s’impose comme un chantier stratégique pour aligner le média d’État sur les aspirations de l’ensemble des citoyens.
Par Abdoulaye OUATTARA