Le Vérificateur général, Abdoul Aziz Aguissa, a remis ce mercredi 14 octobre 2026, au président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, les rapports annuels 2024 et 2025 du Bureau du Vérificateur général (BVG). Ces deux rapports font état de 94 missions de vérification, de plus de 2,4 milliards de FCFA régularisés et versés au Trésor public, ainsi que de 40 dossiers transmis aux autorités judiciaires compétentes.
Le Palais de Koulouba a abrité a cérémonie solennelle de remise des rapports annuels 2024 et 2025 du Bureau du Vérificateur général au président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta. La cérémonie s’est déroulée en présence du président du Conseil national de Transition (CNT), le Général de corps d’armée Malick Diaw, des présidents des institutions de la République et de plusieurs membres du gouvernement.
Cette double remise s’explique par le changement de mandat intervenu en 2025. À travers ces deux documents, le BVG présente les résultats de ses activités de contrôle, les insuffisances constatées dans la gestion publique et les mesures engagées pour renforcer la transparence dans l’utilisation des ressources de l’État.
Au total, 94 missions de vérification ont été réalisées au cours des exercices 2024 et 2025. Ces travaux ont notamment permis la régularisation et le versement de plus de 2,4 milliards de FCFA au Trésor public. Par ailleurs, 40 dossiers portant sur des faits susceptibles de constituer des infractions pénales et financières ont été transmis aux autorités judiciaires compétentes.
Ces chiffres illustrent l’ampleur des activités menées par le BVG dans le cadre de sa mission de contrôle de la gestion des ressources publiques. Ils mettent également en évidence les enjeux liés au traitement des irrégularités relevées et au suivi des dossiers transmis à la justice.
Le rapport annuel 2024 regroupe les résultats de 44 missions menées dans plusieurs secteurs, notamment le développement rural, la santé et les transports.
Les vérifications ont mis en évidence plusieurs insuffisances dans les pratiques administratives et financières. Parmi les dysfonctionnements relevés figurent la non-tenue de la comptabilité-matières, l’absence de manuels de procédures validés et l’ouverture irrégulière de comptes bancaires publics.
Ces manquements soulignent la nécessité de renforcer les dispositifs de contrôle interne, d’améliorer la traçabilité des biens publics et de veiller au respect des procédures administratives et financières au sein des services de l’État.
Le rapport 2025 présente une approche analytique et thématique des 50 missions réalisées. Selon le Vérificateur général, ces travaux ont bénéficié d’une forte implication des citoyens et des institutions, près de 80 % des saisines provenant de ces acteurs.
Cette participation témoigne de la place qu’occupent les signalements et les saisines dans l’orientation des activités de vérification. Elle met également en évidence l’importance de la contribution des citoyens et des institutions à la détection des irrégularités présumées dans la gestion publique.
En recevant les deux rapports, le président de la Transition a salué la qualité et la régularité des travaux du BVG, qu’il considère comme des signes de vitalité des mécanismes de contrôle de l’État.
Le chef de l’État a toutefois tenu à établir une distinction entre les insuffisances administratives et les actes susceptibles de relever de la corruption ou d’autres infractions. Si toute irrégularité administrative ne constitue pas nécessairement un acte de corruption, a-t-il rappelé en substance, les manquements graves et les pratiques contraires à l’intérêt public ne doivent pas rester impunis.
Au-delà du constat et de la sanction, le Président de la Transition a insisté sur la prévention. Il a notamment appelé à intégrer progressivement les missions de vérification dans les dispositifs de contrôle interne et à renforcer la formation du personnel, afin de limiter la répétition des irrégularités.
Il a également souligné la nécessité d’une collaboration accrue entre le BVG et les structures judiciaires et financières pour garantir un traitement rigoureux des dossiers transmis.
Le président de la Transition a saisi l’occasion pour exhorter les gestionnaires publics à faire de l’intégrité une exigence quotidienne. L’objectif étant de protéger les ressources de l’État, de renforcer la discipline dans la gestion publique et de préserver la capacité d’action des pouvoirs publics au service de la souveraineté nationale.
Avec 94 missions réalisées en deux ans, plus de 2,4 milliards de FCFA régularisés et 40 dossiers transmis à la justice, les rapports 2024 et 2025 du BVG mettent en évidence les enjeux du contrôle des finances publiques au Mali. Le défi reste désormais de donner aux recommandations formulées et aux procédures engagées les suites nécessaires, afin que les constats des vérificateurs se traduisent par une amélioration durable de la gouvernance publique.
PAR MODIBO KONÉ
