La MINUSMA s’est déscolarisée ce mercredi 5 juillet 2023 des propos désobligeants d’un officier sénégalais contre le peuple malien, tout en appelant ses éléments à ne pas se laisser faire. Le Sénégalais tient ce discours de frustration suite à l’annonce du retrait de la MINUSMA acté par les Nations unies sur une demande des autorités de la transition.

D’un ton de colère, un officier sénégalais devant ses éléments de Casques bleus comme pour faire passer un discours maréchal tient des propos maladroits contre le Mali alors que la Mission a entamé sa phase de retrait de notre pays qui doit être parachevé le 31 décembre prochain.
Déjà, les responsables politiques de notre pays et ceux de la MINUSMA sont en train de mettre en place une commission de travail afin que la décision de retrait puisse être effective conforment à la résolution adoptée le 30 juin dernier par les Nations unies.
Dans ce contexte, s’exprimant à la fois en français et en Wolof, l’officier sénégalais dans une vidéo de plus de 5 minutes qui a fuité sur les réseaux sociaux ne cache pas sa haine contre le Mali dont le tort a été de solliciter le retrait de la Mission onusienne.
« Le mandat de la MINUSMA a pris fin depuis le 30 juin. Les autorités avaient même demandé 3 mois pour dégager. L’ONU a négocié pour qu’on ait 6 mois pour partir alors que le désengagement se fait en 18 mois. Le dernier soldat de la MINUSMA doit quitter ici le 31 décembre 2023. En 6 mois, ce n’est pas évident, mais ça va aller assez vite », a souligné l’officier sénégalais.
Puis, il ajoute d’un ton durci « nous sommes des ambassadeurs du Sénégal. Nous sommes des Casques bleus. Nous sommes engagés en tant que soldats des Nations unies…Maintenant, ils (les Maliens) sont souverains et ils nous demandent qu’on quitte chez eux. On va quitter, mais on ne va pas accepter qu’ils nous malmènent. Vraiment, ils sont en train de nous pourrir la situation. On ne va pas prêter le flanc devant ces Maliens-là. Il y a des choses qu’on ne va pas accepter ».
Le Sénégalais, selon l’officier de la MINUSMA, peut être vilain et tout, mais on ne le déshonore pas.
Au lieu de donner le bon exemple, le militaire se permet de violer les règles de conduite des Casques bleus dont la mission est de rechercher la paix, tout en créant une atmosphère de sérénité. Ainsi, s’engageant sous les couleurs des Casques bleus de façon volontaire, il avait fait le serment de respecter « les lois et la culture, les traditions, les us et les coutumes du pays hôte » et de traiter les habitants du pays hôte avec respect, courtoisie et considération.
Face à la situation, la MINUSMA dans une phrase partagée sur ses différentes plateformes se dissocie des déclarations du militaire sénégalais qui souillent les valeurs et la doctrine de la mission de la paix.
« La MINUSMA regrette les propos tenus par un officier basé à Sévaré et se dissocie de sa déclaration qui ne reflète en rien la position de la MINUSMA », déclare la Mission.
Une rancœur qui pourrait se justifier de la fin du confort et des avantages financiers de son déploiement au Mali dans le cadre de la Mission onusienne. Il a du mal à digérer que c’est bientôt la fin d’une mission juteuse financièrement au Mali comparativement à ce dont il bénéficie dans son pays, le Sénégal.
En la matière, qu’est-ce que le Casque bleu risque ? S’il est délicat d’invoquer la responsabilité de l’ONU puisqu’elle est dotée d’une immunité juridictionnelle rendant, en l’absence de son consentement, toute poursuite contre l’organisation est impossible devant des juridictions nationales.
Néanmoins, les Casques bleus qui commettent certaines infractions sous le drapeau onusien peuvent faire l’objet de poursuites à la fois au niveau international (Cour pénale internationale) et au niveau national (justice militaire ou pénale de chaque pays participant à une opération de maintien de la paix).
Si les poursuites sont encore rares, on constate une véritable prise de conscience au sein de l’organisation universelle de la nécessité de ne pas donner un sentiment d’impunité dans le déroulement des missions de ses agents.

PAR SIKOU BAH

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