« La sécurité routière, un défis transfrontalier », tel est le thème du Forum international sur la prévention de la sécurité routière qui se tient du 07 au 09 décembre 2023, à Bamako. Sous le patronage du Chef du Gouvernement, le Dr Choguel Kokalla MAIGA, la cérémonie d’ouverture des activités de ce rendez-vous a eu lieu, ce jeudi 7 décembre 2023, à l’hôtel Salam de Bamako.

Pour la circonstance, le Premier ministre avait à ses côtés, le ministre en charge des Transports et des Infrastructures, Dembélé Madina SISSOKO ; le ministre de la sécurité routière et de la protection, le Général Daoud Ali Mohammadine ainsi que plusieurs autres du gouvernement ; des chefs de délégations du Burkina Faso et du Niger ; ainsi que d’autres partenaires évoluant dans le secteur des Transports.
Durant trois jours, des experts nationaux et internationaux échangeront sur la promotion de la sécurité routière, le comportement des usagers, le soin des accidentés… afin de prévenir la sécurité routière.
Dans son intervention, le Premier ministre, Dr Choguel Kokalla MAIGA s’est tout d’abord réjoui de la tenue de ce Forum au Mali. Il a soutenu que ces trois jours d’assises aideraient beaucoup au changement de comportement des usagers sur la route et à amoindrir les pertes en vies humaines.
Concernant les cas d’accident de route, le Chef du Gouvernement a constaté que l’application du dispositif juridique en matière de sécurité routière poserait des difficultés notamment la limitation de vitesse, le port de la ceinture de sécurité et du casque.
Il a montré que la prise en charge des blessés de la route exigerait le renforcement et la modernisation des structures hospitalières.
« Avec plus de 8000 cas d’accidents enregistrés en 2022 et 684 tués, l’importance de la question sécuritaire n’est plus à démontrer surtout quand on sait que 85% des cas relèvent du facteur humain », a alerté Dr Choguel Kokalla MAIGA.
Pour sa part, Dembélé Madina SISSOKO a expliqué que le véhicule entendu au sens large, autrefois considéré comme un luxe pour tant de citoyens, est devenu aujourd’hui un moyen de déplacement accessible à chaque personne selon ses moyens.
Elle a montré que la facilité d’acquisition des moyens de transport avait cependant accru les risques associés à l’usage de la voie publique.
Selon le ministre des Transports, l’accroissement spectaculaire de la motorisation, la forte croissance démographique et l’urbanisation galopante imprévue en effet, à la multiplication seraient des risques routiers.
Par ailleurs, Dembélé Madina SISSOKO a révélé que l’utilisation exceptionnelle d’engins de deux à trois roues consécutive à l’insuffisance des moyens de transport de masse adéquat reconfigure les statistiques des accidents de la circulation routière.
Toutefois, le ministre SISSOKO, dans son propos, a soutenu que les victimes de ces accidents se retrouvaient davantage dans la catégorie des jeunes actifs de 18 à 30 ans ; et dans les rares, les usagers les plus vulnérables en occurrence les piétons, les personnes âgées et les enfants.
Elle a déploré que le non-respect des conditions de la circulation fixée par la réglementation due au déficit d’éducation et de sensibilisation à la sécurité routière engendre un accroissement inquiétant du nombre des accidents de la route qui occasionnaient de fréquentes pertes en vie humaine, de nombreuses blessures souvent très grave et d’importants dégâts matériels.
Pour inverser cette tendance, selon le ministre des Transports et des Infrastructures, le Mali a élaboré en 2021, la stratégie nationale de sécurité routière assortie d’un Plan d’action.
La Cheffe du département a indiqué que cette stratégique reposait sur une approche de système sûr en concordance avec des lignes directrices du Fonds mondial de la sécurité routière de la Banque mondiale et le contexte de la 3ème conférence ministérielle mondiale sur la sécurité routière tenue les 19 et 20 février 2020, en Suède, qui avait invité, dit-elle, les Etats membres à s’efforcer de réduire de 50%, le nombre de blessés graves et de décès consécutifs à des accidents de la circulation routière entre 2021 et 2030.
Dans ses explications, Mme le ministre a fait savoir que l’objet du Plan d’action était d’identifier les mesures ou interventions susceptibles de répondre, de façon efficiente, aux priorités définies suite au diagnostic de la situation de la sécurité routière au Mali.
Selon elle, ces priorités déclinées en acte stratégique comprennent la sécurisation des engins motorisés à deux ou trois roues, la sécurité des piétons, la réduction des accidents des véhicules légers, le renforcement de la sécurité des usagers âgés de 15 à 34 ans et la sécurisation du transport professionnel.
Cependant, Dembélé Madina SISSOKO a signalé dans son propos que les réformes juridique et institutionnelle, qui avaient suivi l’approbation de la stratégie nationale se sont traduites par la modification de l’ordonnance 09-003-PRM du 09 février 2009, portant création de l’Agence nationale de sécurité routière (ANASER) par la Loi n° 2023-031 du 08 juin 2023.
A cela s’ajoute, selon le ministre des Transports et des Infrastructures, la relecture du code de la route constituée essentiellement par la Loi 2023-035 du 31 aout 2023 régissant la circulation routière et le décret 2023-0509-PRM du 12 septembre 2023 fixant les conditions de l’usage des voies ouvertes à la circulation publique et la mise en circulation des véhicules.

Par SABA BALLO

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *