Lors d’une cérémonie que le parti ADEMA-PASJ a organisée, le 26 mars dernier, pour rendre hommes aux victimes de la révolution, le Pr Moustapha DICKO, ancien ministre de l’éducation, militant de première heure de l’ADEMA-PASJ, a fait une intervention essentiellement consacrée à la problématique de la remobilisation du du parti du premier président démocratiquement élu, Alpha Oumar KONARE, déchiré par des crises internes. « Les problèmes d’égos ont fait énormément de mal à l’Adema-Pasj et au pays tout entier l’ayant empêché d’expérimenter une longue période de continuité politique », a reconnu le Pr Moustapha DICKO qui invite les responsables et les militants du parti à renouer avec les valeurs et les principes du parti.

A quel prix le parti des abeilles pourrait assurer sa survie, continuer à s’émanciper, agrandir ses rangs et pérenniser sa crédibilité après toutes les pérégrinations de ce dernier quart de siècle de son existence ?

Ce n’est un secret pour personne que depuis la fin du deuxième mandat d’Alpha Oumar KONARÉ, son parti, l’ADEMA, s’est engagé dans une doctrine de l’accompagnement des partis politiques au pouvoir aux antipodes des valeurs fondatrices du parti, néfaste à son développement.

Aujourd’hui, certains détracteurs décrivent l’ADEMA comme un parti en décrépitude, et qui n’existe que grâce à l’accompagnement des pouvoirs en place. Le constat est amer et continue de diviser responsables et militants du parti.

Et pourtant le parti regorge de stratèges et d’une capacité combative, capable de le relancer sur l’orbite de la scène politique, pourvu qu’on le laisse émerger, selon certains observateurs.

De nos jours, le parti a besoin d’une nouvelle race de dirigeants intègres, convaincus, engagés, et prêts à se sacrifier pour relever le défi du développement au Mali.

Abordant cette question, le mardi dernier au Palais de la culture, le Pr Moustapha DICKO a rappelé qu’en 2002, une grande cacophonie règne au niveau du parti au pouvoir où ses primaires verront s’affronter 4 à 5 candidats (ils seront deux à la convention).

Il ressort de son propos que ce manque de cohésion fera le lit pour un candidat indépendant, ATT, dont on soupçonnait qu’il était à l’affût depuis qu’il a quitté la tête de la Transition et qui s’était mis à parcourir le pays dans le cadre de son projet de lutte contre la dracunculose financé lourdement par les américains (la Fondation J. Carter).

«On peut soupçonner toutes les combines possibles et imaginables dont les possibilités s’arrêtent forcément au premier tour de l’élection», a-t-il révélé.

De son avis, si IBK, un ancien du parti, n’avait pas apporté ses voix à ATT, Soumaila CISSE l’aurait remporté. Or à l’époque, dit-il, il était plus facile à un chameau de passer par le chas d’une aiguille qu’à IBK de faire voter Soumaila.

«Les problèmes d’égos ont fait énormément de mal à l’Adema-pasj et au pays tout entier l’ayant empêché d’expérimenter une longue période de continuité politique», a-t-il été honnête.

Depuis, l’Adema-Pasj, affirme le Pr DICKO, accompagne tous les pouvoirs par ‘’nous les chefs qui négocions une place au soleil et à qui tous les pouvoirs, nous tenants en laisse, offrent des strapontins qui réduisent les chances du parti et l’empêchent de jouer son rôle de leader de la classe politique’’, a-t-il critiqué.

Selon lui, tous les partis politiques significatifs dans notre pays connaîtront ce genre de péripéties.

«Le recul de la classe politique et de la politique en général, est le résultat de leurs parcours chaotiques», a-t-il assené.

Sommes-nous condamnés ? Pouvons-nous rebondir ? Que faut-il faire pour cela ? S’est interrogé le Pr DICKO qui préconise trois solutions pour permettre au parti de sortir de l’ornière.

Le plus facile et le plus difficile, selon lui, c’est de renouer avec les valeurs et les principes du parti.

Pour ce faire, il a invité la direction à aller dans le sens des aspirations des militants et sympathisants en se prononçant sans faux-fuyants sur toutes les questions nationales et internationales dans l’intérêt du parti et de notre pays.

Enfin, il s’agit, à son avis, de remobiliser les militants en allant à leur rencontre, en incarnant leurs attentes et l’attachement du parti à la justice et à la solidarité.

Soutien à la transition ?

Alors que son parti s’affiche comme l’un des fervents soutiens à la transition, le Pr Moustapha DICKO a fait constater que cet accompagnement n’est pas reconnu à sa juste valeur.

«Nous sommes dans une transition dont nous sommes à peine des acteurs », a-t-il déploré.

Selon lui, le parti n’est consulté sur aucun problème grave concernant la vie de notre nation.

«Nous apprenons tout comme le citoyen lambda comme si nous ne représentons que nous-mêmes, alors que la majeure partie de ce peuple nous fait confiance», a-t-il fait savoir.

Pour illustrer son propos, il a rappelé le résultat des dernières élections communales qui seuls font foi jusqu’à d’autres élections.

Une élection qui a vu l’ADEMA arrivé en tête des partis politiques.

«Nous devons travailler à rendre la transition plus inclusive avec l’ensemble des forces politiques du Mali ; travailler à apporter des solutions pérennes et conformes aux intérêts du peuple malien», a-t-il conseillé.

Selon lui, il s’agit de ramener la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire national ; ramener le vivre-ensemble ; organiser des élections libres et transparentes sur tout le territoire national ; reconquérir la place de notre pays sur l’échiquier international.

Par Abdoulaye OUATTARA

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